J'ai mis le réveil à 7h05 juste pour saluer Krys mais je n'ai pas le courage de me lever pour l'accompagner jusqu'à la gare. Je dors jusqu'à 9h30. Après avoir réservé ma capsule pour ce soir, histoire de pouvoir laisser mon gros sac chez eux, je cherche à retirer de l'argent malgré la limite des 7 jours. Il me semblait qu'on pouvait faire ça au guichet d'une banque, mais Citybank me redirige sur le "Service Center Visa" situé dans une galerie commerçante de la gare centrale d'Ôsaka.
J'ai un espoir que ça marche vu que ce n'est pas un retrait en distributeur automatique, mais non. C'est vraiment naze. Je peux faire des paiements directs avec un plafond mensuel très haut mais pour obtenir du liquide on reste limité à ces malheureux 300 euros par semaine, un peu juste au Japon !
Il faudrait que je change de l'argent mais c'est une opération longue et qui me fait piocher dans ma réserve de liquide. Je temporise, si je peux payer l'hotel à Kanazawa par carte comme justement Rémi l'avait fait quand nous y étions, je n'aurais pas besoin de faire de change.
Oui j'ai en effet l'intention de retourner à Kanazawa : après avoir épluché le Lonely les deux festivals qui se déroulent dans les prochains jours sont dans des villes que nous avons déjà visitées : Kanazawa les 12 et 13, et Takayama les 14 et 15. Comme je veux vraiment assister à des festivals, je suis prêt à refaire la boucle dans l'autre sens. Ca me fera pas mal de train, d'autant que le festival de Takayama est un truc énorme, parmi les trois plus réputés au Japon, donc je ne pourrai pas loger sur place. Reste à espérer qu'il y aura des trains suffisamment tard pour ne pas rater la partie nocturne du festival !
C'est l'occasion de parler de "l'engrish" : comme en japonais il n'y a qu'un nombre assez limité de sons, et surtout qu'il n'est pas possible d'accoler deux consonnes, la transcription des termes étrangers est assez acrobatique et au final ils prennent pas mal de liberté avec la prononciation. Donc pour trouver le Visa Center je suis censé chercher un centre commercial nommé "Diamor". Je vois un truc qui s'appelle "Daimaru", je me dis que ça doit être ça. Eh bien non, manque de pot ce coup-ci il s'agit bien de deux centres commerciaux distincts, mais situés l'un en face de l'autre sur la même rue. Il faut donc se méfier de la pratique d'un "reverse engrish" trop violent !
Au fait "engrish" vient de "english", mais le "l" n'est pas utilisé en japonais puisque le "r" se prononce à peu près comme un "l". Le terme "engrish" désigne en fait les traductions en anglais contenant des fautes provenant typiquement des problèmes de transcription mais aussi des acrobaties grammaticales et autres non sens parfois comiques. Il existe des sites collectant les panneaux en "engrish", et nous en avons vu nous-mêmes quelques exemples assez typiques.
Le dernier en date en ce qui me concerne m'a pris un bout de temps à deviner : 「リカバリ」, soit littéralement "likabali". Petite indication de contexte : je l'ai vu très souvent dans les accessoires des ordinateurs en me cherchant une machine d'occasion abordable et le plus petit possible (tout en conservant de préférence un clavier exploitable). Je vous le laisse à titre d'exercice, vous pouvez donner vos réponses en commentaire ^_^
J'ai tout de même noté pour usage ultérieur que dans les 「デパート」 ("depâto" = department store = grands magasins), on trouve de grands rayons de plats cuisinés avec beaucoup plus de choix que dans les convenience store : poisson cuit avec ou sans sauce, fritures, croquettes de légumes, salades diverses, tofu frais, éléments cuits au bouillons (légumes, tofu, saucisses, trucs visqueux indéfinissables mais pas franchement gustativement indispensables, boulettes farcies), tempura (beignets), brochettes, et même du rôti froid en salade comme dans nos pique-niques bien français !
Laissant la question de l'argent plus ou moins en suspend, je prend le train pour Ôsaka-jô-kôen (parc du château) et rejoint le Yamamoto Nôgaku-dô, petit théâtre de Nô situé à deux rues à l'ouest du parc. C'est ouvert, j'entre, personne au guichet, je n'aurais peut-être pas dû m'introduire comme ça... Je resort et aperçoit une sonnette, que j'actionne l'air de rien. C'est pas que je ne sache pas exprimer ce que je veux, mais il me faut quelques secondes avant de formuler une phrase intelligible. Je suis surpris par une voix sortant d'un interphone, que je n'avais pas remarqué, mais je parviens à expliquer que je veux réserver pour le Nô de ce soir. On me répond quelque chose, puis plus rien. Je ne sais pas si je dois entrer à nouveau... Par hasard ou à dessein, quelqu'un sort d'une porte à coté et veut rentrer. Il me demande si on m'a répondu (enfin je crois), je réponds oui et il me fait signe de le suivre à l'intérieur. Là quelqu'un que j'ai l'impression de déranger pendant la sieste me tend un billet contre les 4000¥ requis, donc il restait de la place, formidable !
Je peux donc me rendre à Den Den City pour voir si le démon électronique va me tenter une fois de plus. Alors comme j'entends d'ici les esprits mal branchés, "ah ça y est il va déblatérer informatique pendant trois paragraphes [c'est le cas], on va encore rien comprendre [c'est pas exclu], le tout avec une malheureuse photo de Goldorak grandeur nature [raté, il s'agit de Gundam]", eh bien je sépare la journée en deux articles. D'autant qu'au vu de mes notes interminables, le prochain risque lui-même de tourner au roman-fleuve.
Sachez juste que j'ai acheté un petit PC "jetable" pour taper mes articles à l'avance, en choisir les illustrations et autres trucs d'informaticiens ^_^ Voilà vous être libres de passer au suivant !Après 2h de passage en revue des modèles d'occasion disponibles dans les magasins (principalement Softmap et Joshin & P.), mes belles matrices comparatives sont à revoir une fois que je me rend compte que la majorité des modèles d'occasion sont livrés... sans batterie ! J'étais en effet sur le point de me décider à flamber 40k¥(280 euros) pour un eeePC de chez Asus, modèle tout récent (prix neuf 50k¥) combinant compacité (même si je trouve dommage que l'écran soit sensiblement plus petit que le boîtier) et fonctionnalités modernes (wifi par exemple), et ce malgré le fait qu'au Japon les eeePC sont sous Windows XP et non Linux comme les modèles européens ! Défaut remédiable une fois revenu en occident. Malheureusement le vendeur m'indique qu'il n'y a pas la batterie, "comme tous les modèles d'occasion, voyons, mon bon monsieur". Vu le prix des batteries, autant acheter un modèle neuf !!
Du coup je repasse en coup de vent dans les magasins qui m'avaient intéressés en lisant de plus près la liste d'accessoires, car j'étais persuadé d'en avoir vu avec le terme de batterie clairement mentionné. Je me demande si j'ai mal compris, et qu'il s'agirait de la liste des accessoires NON livrés ! Ma prochaine cible, un Libretto à l'écran ultra-large, est une tellement bonne occasion qu'il s'agit en fait d'un modèle neuf... vendu uniquement avec un abonnement internet chez NTT. Au suivant.
J'écarte un tout petit bidule moderne et pas cher (18k¥, à peine plus de 100 euros) pour cause de clavier vraiment trop rikiki, pour finalement revenir à mon idée de départ, le Sony vu ici-même il y a une semaine à Softmap. Ecran ultra-large de la taille d'une enveloppe postale, pour une machine très compacte mais avec du coup un clavier à peine plus petit qu'un portable usuel. C'est marrant je crois avoir déjà écrit ça quelque part, serais-je en train de radoter ? Avec mes parutions bloguesques antidatées je ne sais plus où j'en suis ;-)
Le bousin date de 2001 tout de même, et tourne sur Transmeta Crusoë, un processeur à basse consommation, embarquant la quantité tout à fait honnête pour l'époque de 128MB de RAM. L'OS livré est Windows Millenium, ce qui me rappelera de sacrés souvenirs (écrans bleus, reset inopinés, drivers indémerdables, etc.). Evidemment je demande à l'essayer avant d'investir les 21700¥ demandés. Bon début, l'écran fonctionne, n'est pas rayé, clavier OK, touchpad et boutons OK, l'adapteur secteur accepte tout type de courant (100 à 240V, 50 à 60Hz, indispensable pour le reste du voyage, car à partir de la Chine je reviens en 220V). Par contre l'appareil photo n'est pas reconnu. Le vendeur regarde le numéro de modèle et court sur internet chercher un driver ! Pendant ce temps j'essaie mon disque dur portable, qui lui fonctionne très bien, y compris le lecteur de carte mémoire. Du moment que celui-ci est reconnu, je pourrai faire les transferts voulus par USB.
Il y a une batterie, je me fiche pas mal de la capacité (supposée de 5h30 à l'origine !) car j'imagine qu'elle a lourdement pâti des années d'utilisation. Le principal est qu'il y en ait une, pour l'utiliser modérément hors secteur, et ne pas être à la merci des caprices du courant dans les pays plus ou moins émergents que je vais traverser (même si la Russie me semble plutôt "immergente" que "émergente" malgré son intraveineuse de gazo-dollars...).
Détail qui a son importante : les touches du clavier ne sont pas usées, même pas la barre espace ni la touche "Enter" qui sont traditionnellement les premières à devenir lisses. Cela prouve que le PC a peu servi car avec le touchpad ou même une souris externe, on ne va quand même pas loin.
Inconvénients notables : pas de prise réseau (seulement une prise pour modem téléphonique - RTC). Lecteur de carte mémoire MMC uniquement (Sony oblige). Une fois de plus je maudis sur quarante générations les partisans de la vente liée et autres empêcheurs de standardiser en rond.
Détail amusant : il y a une webcam et un micro, si ça marche et que j'arrive à faire fonctionner les vidéos sur le blog je vais pouvoir faire des reportages ;-)
Il y avait plusieurs modèles sur le même principe, mais ils ont un processeur Intel (plus gourmand d'après les autonomies annoncées) et/ou cadençé plus rapidement et/ou un disque plus gros, ce qui ne m'intéresse pas.
Je communique mon agrément au vendeur et il jogge en direction du comptoir pour me sortir les accessoires et lire la fiche, pour me préciser qu'une molette que je n'avais pas remarquée sur le coté droit, ne fonctionne plus. Il me montre qu'elle sert apparemment de raccourci pour lancer des applications favorites. Totalement gadget, je lui dis que c'est pas grave. Rien d'autre à signaler, donc direction la caisse. La TVA n'est que de 5% au Japon, mais au moment de lui tendre ma carte bleue je lui demande quand même s'il me le fait en Duty Free. Il répond qu'il ne peut pas, mais que pour la peine il me fait 5% ! Suis-je bête, on a beau être au Japon et dans un grand magasin, j'aurais dû négocier ! Tant pis, de toutes façons je m'en sors pour 20610¥, moins de 130 euros. J'ai choisi exprès un modèle archaïque (l'eeePC, ç'aurait été une folie) pour que, s'il me claque entre les doigts pendant le voyage, je n'aie pas grand chose à regretter.
Il m'emballe ça soigneusement dans un beau sac Softmap que je saccage dans l'escalier pour enfourner tout ça dans mon sac à dos. Le PC est petit, certes, mais il vient avec des bouquins, 3 CDs et deux câbles (hors adaptateur secteur)... J'envisage d'envoyer tout ça en France par voie postale car cela ne risque pas de me servir pendant le voyage. Ou bien je détache les quelques pages utiles genre spécifications détaillées et je benne le reste du papier, de toutes façons les manuels sont surement disponibles sur le Web.
11/04/2008
Vendredi 11 - Ôsaka : Den Den City
par
Ghislain Cottat
à
00:00
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