05/04/2008

Samedi 5 - Ôsaka (3)

A nouveau petit-déjeûner de folie mais moins gargantuesque que la veille car il s'agit de ne pas retarder Rémi, qui part pour l'aéroport de Kansai International (KIX pour les intimes), direction le bagne, euh, la France, le retour au bureau, quoi :-) Krys reste avec moi jusqu'au 11 avant de subir un sort à peine plus enviable. Nous nous séparons à la gare de Tenma car Rémi part dans un sens de la boucle et nous dans l'autre.

Notre hotel, le Yamanishi, étant plein pour le soir-même, nous mettons les sacs aux consignes et réservons une nuit au Capsule Hotel, moi qui voulais tenter cette expérience depuis un moment. Nous avons en effet l'ambition d'aller à Ise pour assister à un festival. Mais, renseignements pris à la gare, les lignes Japan Rail qui y conduisent nous prendraient 4 heures... Il existe une ligne directe mais qui n'est pas couverte par notre passe de train, donc après réflexion on abandonne l'idée.

Nous nous renseignons au TIC pour d'éventuels spectacles et festivals en ville. Il y a justement du Bunraku cet après-midi, donc nous nous offrons 2h30 de ce spectacle de marionnettes traditionnelles (parmi les 6h joués dans la journée !) dont j'avais eu un avant-goût d'une heure environ à la Cité de la Musique (Paris) avec Rémi il y a un an ou deux.

Il s'agit de marionnettes d'un mètre de haut, manipulées directement (pas de fils) par trois artistes (pour les personnages principaux, deux voire un seul pour les autres) en général habillés en couleurs sombres et cagoulés. Seuls les artistes d'un certain statut (pas plus d'un par marionnette car un seul beau rôle sur les trois) manipulent à visage découvert et habillés d'élégants kimonos. De mémoire, le beau rôle consiste à jouer la tête et un bras, tandis que parmi les autres manipulateurs l'un porte la marionnette et joue l'autre bras, tandis que l'autre fait les jambes (à vérifier). Je vous laisse imaginer la cohue sur la scène quand trois ou quatres personnages importants sont présents en même temps sur scène, plus quelques domestiques pour faire bonne mesure. Je crois avoir compté jusqu'à 16 marionnettistes simultanément.

Je garde en tous cas un meilleur souvenir du Kabuki de la dernière fois, mais il faut dire qu'on avait eu un panaché de styles différents particulièrement intéressant, alors que là on a eu un pièce cohérente, histoire tragique d'un couple qui se termine dans le sang... Une oreillette en anglais nous diffuse une traduction et quelques commentaires explicatifs en anglais, tout en évitant de nous couper de l'accompagnement. Nous avions aussi un résumé écrit de la pièce en anglais.

En sortant direction le temple Kita Mito où on nous avait indiqué au TIC un événement, mais une fois sur place nous tombons sur... une loterie. Vu que ça n'a guère l'air de devoir se transformer en festival traditionnel, nous nous dirigeons vers la deuxième piste : un temple dans le parc du château d'Ôsaka. Mais là aussi une déconvenue nous attend même si nous assistons à la fin d'un mariage (photo de groupe) et pouvons admirer quelques beaux kimonos.

En tous cas il y a énormément de monde : on est samedi et le Hanami bat son plein !
Krys avait repéré un hall d'archerie où justement des tireurs s'entraînent à la technique japonaise. Ils ne font décidémment rien comme tout le monde : les tireurs sont disposés en ligne, et décochent une flèche les uns après les autres après de très lentes phases d'approche et de préparation, où chaque geste semble mesuré au millimètre et avoir autant d'importance que l'endroit où la flèche atteindra l'objectif. Normalement les observateurs devraient être admis à cette heure, mais on nous refuse l'entrée pour une raison qui nous échappe. Frustrés, on espionne donc un peu par une porte arrière mais quelqu'un nous bloque volontairement la vue au bout de quelques minutes. Dommage !

Après une exploration des possibilités pour le reste du séjour avec Krys, nous passons deux bonnes heures dans un grand bookstore près de la gare d'Ôsaka, moi sur le Lonely Planet Korea, Krys un peu partout, entre autres au niveau des livres bilingues et des dictionnaires. Je jette aussi un coup d'oeil aux livres en anglais où je trouve on nombre des auteurs de référence cités dans le Lonely Japan. Dont l'édition intégrale du "Genji Monogatari", oeuvre majeure ici en plus de 1200 pages. Mais je me suis promis de ne pas m'alourdir, donc je prend comme Krys un livre bilingue permettant de lire du japonais dans le texte grâce à une mise en page adroite, quasiment tous les termes étant traduits en bas de page. On peut masquer la traduction anglaise du texte dans un premier temps et se référer uniquement à la traduction de chacun des termes, et même ainsi la tâche est ardue. La construction des phrases est vraiment déroutante, un petit nombre de particules qu'on croyait connaître apporte des clefs sur les relations entre les différentes conjonctions au sein d'une même phrase que nous n'arrivons pas vraiment à interpréter pour l'instant. On se rend même compte que la lecture est plus facile quand il y a plus d'idéogrammes, car souvent l'enchaînement d'hiraganas (syllabaires utilisés pour les formes grammaticales) sans quasiment de ponctuation nous laisse perplexe. La lecture est très longue quand on cherche à comprendre chaque aspect de la traduction anglaise par rapport à l'original, mais a à mon avis un très fort apport linguistique si elle est faite conscienseusement.

Plats de spaghettis au dîner suivis d'excellentes gaufres dans un café, avec myrtilles et autres fruits des bois et une boule de glace pour ma part, le tout accompagné d'un verre de jus de pamplemousse.

Récupération des sacs à dos et direction le capsule hotel : il faut déposer les chaussures dans un petit casier en bois, donner la clef l'accueil en échange de quoi on obtient la clef d'un casier plus grand pour un sac à dos moyen (les gros sont gracieusement gardés à l'accueil), dans lequel on trouve le yukata qui est normalement la seule chose dont on a besoin pour la suite. Nous n'avons pas opté pour le sauna, le tarif est donc ce qui se fait de plus bas comme hébergement à Ôsaka : 2600 yens par personne par nuit, soit à peine plus de 16 euros. Cela les vaut car même si les cabines sont effectivement réduites, elles sont quand mêmes dotées de la TV et la place économisée par l'absence de chambres à proprement parler permet à l'hotel de se doter, outre du sauna, de salles de repos, d'un salon avec tables, chaises et TV, de mangas, etc. Tout le nécessaire de toilette est disponible à discrétion (mais la douche coûte 200 yens = 1.25 euros pour 10 minutes), et il y un service de restauration également payant.
Les cabines sont suffisamment hautes pour s'y asseoir, par contre elles ne ferment que par un rideau flexible, donc bouchons indispensables si on veut éviter de profier des ronflements des voisins. Comme il fait vraiment très chaud certains dorment la tête du coté de l'ouverture tandis que j'ai plutôt le réflexe de faire l'inverse. J'ai quand même gardé mes affaires les plus précieuses sous mon oreiller, même s'il me semble que, un étage plus haut, les salles contenant les casiers fermés à clefs sont surveillées par vidéo.

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