11/08/2008

Dimanche 10 - Fini !

Me voilà de retour après deux avions plus quelques trains et métros de part et d'autre des aéroports. J'ai pu tester le nouvel "aeroexpress" qui relie (enfin !) Moscou (gares de Savyolovskaya et apparemment aussi Bielorusskaya) et l'aéroport Sheremetyovo, auparavant accessible uniquement en taxi ou par une combinaison assez casse-tête de métro et de bus, avec dans les deux cas un énorme impondérable constitué par les embouteillages chroniques.

Le trajet n'est pas si "express" que ça, mais il y a de l'idée. Si nous n'avions pas stationné en rase-campagne puis trainaillé à une allure d'escargot pendant 10 minutes nous aurions peut-être pu faire le trajet (depuis Savyolovskaya) en 35-40 minutes au lieu des 50 qui furent nécessaires.

Malgré une demi-heure de retard au décollage de Moscou, je suis mystérieusement arrivé à l'heure à Stockholm, une chance vu que la correspondance était de 50 minutes seulement. On peut donc dire littéralement que ma visite de la Suède s'est limitée à un rapide survol d'un joli paysage marin semé d'une quantité improbable d'îles et ilots boisés.

Enfin, arrivée à Paris, où j'ai pu constater que la RATP recherche sans cesse à améliorer sa qualité de service, nécessitant pour cela des travaux peu opportuns sur le RER C précisément à l'endroit où je voulais le prendre...

Et maintenant ? Que répondre à la question qu'on va surement me poser plus d'une fois dans les jours et semaines qui viennent : "Alors, comment c'était ?".
Impossible de conclure sur une impression générale, les souvenirs se superposent comme sur un morceau de pellicule, et la plupart des moments les plus gratifiants sont difficiles à exprimer. Telle situation, telle ambiance, toutes ces personnalités de diverses nationalités, croisées pour une heure, un jour ou une semaine : rien de tout cela ou presque n'apparaitra sur les photos !

08/08/2008

Samedi 8 - Début et fin

Aujourd'hui début des JOs de Pékin comme vous ne pouvez l'ignorer, et... quasi-fin de mon voyage ! Eh oui, arrivé à Moscou mercredi soir je viens de réserver un avion (oui, j'ai craqué) pour un retour dimanche midi dans la Mère Patrie. Ayant des plans pour voir des copains la semaine prochaine, le retour en train s'avérait trop long.

Je m'en vais maintenant visiter le Kremlin !

31/07/2008

Jeudi 31 - Irkoutsk

Me voila maintenant a Irkoutsk, ou je suis arrive hier apres un trajet en train (de jour) tres sympa au bord du Baikal. Je me suis fait totalement prendre en charge par un chauffeur de taxi, car a l'arrivee a 22h je n'avais rien en vue et, meme s'il fait encore jour a cette heure, je ne me voyais pas errer a la recherche d'un hotel avec mes bagages. Irkoutsk est en effet assez touristique, et c'est la haute saison donc les adresses du Lonely sont probablement pleines. De plus, comme je l'ai constate aujourd'hui en cherchant un hostel pour un renseignement, meme avec l'adresse et le plan cela peut etre tres tendu pour trouver l'endroit. Ma solution de repli etait en fait de passer la nuit a la gare, car il y a des salles de repos (pratique pour les trains arrivant en pleine nuit), mais finalement un taxi m'a trouve une auberge tres bien equipee, pas chere et proche de la gare ! Il s'est fait payer convenablement pour cette aide mais bon, on va dire que c'etait le tarif de nuit. Et puis meme si je sais que je ne suis plus en Chine ou en Mongolie, j'ai du mal a me faire aux tarifs russes.

Samedi j'ambitionne toujours de prendre le Circumbaikal meme si l'entreprise n'est toujours pas certaine : ne trouvant rien a la gare concernant le train special du samedi, j'ai cherche en vain l'office du tourisme qui a du demenage car il n'en restait qu'une pancarte en fort mauvais etat. J'ai finalement appele une guesthouse conseillee par le Lonely, dont le patron parle anglais et est plein de bons conseils. Le train est en fait propriete d'une compagnie privee, il faut donc aller reserver a leurs bureaux. J'essaierai de les trouver demain... Je pourrais passer par une agence mais je n'ai aussi que leur adresse donc pas de raison que ce soit plus facile a trouver :-)

A part ca, ma foi, ca sent la fin : le planning se reserre doucement a l'approche de la date fatidique du 12 aout, fin de mon visa russe ! Je vais probablement prendre un train dimanche 3 pour Moscou, pour une arrivee mercredi 6 ou jeudi matin. Dans la foulee il faut que je fasse le visa de transit pour la Bielorussie jeudi/vendredi, car a moins d'un detour d'au moins 24h par l'Ukraine, le retour me fait traverser ce pays. Depart de Moscou au plus tard le 11, peut-etre le 12, en fonction du temps qu'il faut pour atteindre la frontiere !
De Moscou pas mal d'options pour rejoindre Paris, en dehors de l'Ukraine et des pays baltes, en passant par Varsovie, Berlin, Amsterdam voire Cologne...

Affaire a suivre...

29/07/2008

24 au 26 - A l'est du Baikal (1)

Ce qui ne devait etre qu'une excursion a cheval s'est tranformee en une immersion complete en territoire et surtout dans la langue Russe ! J'ai debarque vendredi soir alors que je n'etais visiblement pas aussi attendu que prevu, mais apres une soiree au coin du feu a essayer de communiquer avec le guide de conversation et a boire de la vodka avec Igor et Serguei, j'ai dormi dans la tente avec mon "hote" Vladimir et Roman, un garcon de 14 ans qui s'occupe des chevaux avec lui.

Apres une nuit difficile, a cause des moustiques mais aussi des puissants ronflements de Vladimir, c'est parti pour une premiere balade jusqu'au petit lac de Kotokel, puis la grande jusqu'au Baikal. En fait les chevaux sont tellement reticents qu'on finit a pied en les tirant par la bride. Comme il est exclu de revenir du Baikal dans ces conditions, je dort avec Vladimir chez un de ses amis. Le lendemain, j'ai decide de partir pour Barguzin. Plus facile a dire qu'a faire, ca traine pas mal, on ne trouve pas de minibus car c'est le zeek-end donc ils sont tous pleins. On poireaute un moment en attendant Igor qui doit ramener les affaires que j'avais laissees a Kotokel la veille. On fait un feu, il se passe une bonne heure avant qu'Igor n'arrive avec le 4x4 juste au moment ou il se met a pleuvoir a plein temps. Roman et Serguei sont la aussi, mais a cheval donc trempes. Tout ce beau monde se retrouve chez l'ami de Vladimir, et on casse la croute en mettant nos provisions en commun. Bonne ambiance, un peu de vodka (jamais de trop, ils sont heureusement tres raisonnables !), mais avec tout ca je ne suis pas parti.

Finalement on s'est arrange pour me trouve une place dans une jeep pour Turka, a 25 km de la, et Vladimir m'explique que je passerai la nuit la et que des gens croises la veille a Kotokel m'emmeneront le lendemain a Barguzin. Pourquoi pas ;-) En tous cas l'endroit ou je debarque a Turka est tres sympa, il y a 4 autres touristes, des russes baraques et tres conviviaux. Deux d'entre eux parlent meme relativement bien anglais, une premiere ! Avec notre hote et cuisiniere, nous degustons pas mal de poisson (omul, sorte de saumon unique au Baikal) accompagne de concombre et, naturellement, de vodka ! Puis, apres un the, je ne sais pas trop ce qui se passe pendant un moment, avant de comprendre que c'est l'heure du banya (sauna) ! Il faut absolument que j'essaie ca, premier bain en Russie :-)
Je ne suis pas decu, et on m'explique par l'exemple le principe : il faut rester une vingtaine de minutes le temps de suer un bon coup. On se flagelle vigoureusement avec un bouquet de branches d'un arbre aux feuilles odorantes, et il faut verser de l'eau regulierement sur les pierres chauffees par le feu, pour generer de la vapeur. Ensuite seulement on peut se laver.

Apres tout ca, Vladimir (pas mon guide de la veille, il est parti) me dit ou me fait croire que la coutume apres le banya est de boire de la vodka... Je crois surtout que toute occasion est bonne, mais je joue le jeu. Les verres sont petits, donc on n'en boit vraiment pas tant que ca, je vous assure :-) La soiree se termine a la bougie car le courant saute, puis direction le lit.

La suite demain !

23/07/2008

Mercredi 23 - Oulan-Oude

De maniere inexplicable, le train est arrive a 8h environ au lieu de 3h10... Je n'ai pas bien compris ce qui s'est passe, peut-etre plus de temps que prevu a la frontiere, toujours est-il que j'ai gagne quelques heures de sommeil meme si je n'etais pas tres tranquille en me reveillant a 6h avec la quasi-certitude d'avoir rate l'arret (normalement impossible vu que le personnel est cense nous reveiller). Non pas que cela aurait fait grande difference, vu l'abstraction totale de la suite de mon planning.

J'ai trouve l'hotel en un temps raisonnable pour une premiere fois dans le pays, et apres deux heures de repos je suis parti faire un tour en ville. Devant l'absence totale d'assistance au touriste non russophone je suis passe voir une agence qui m'a arrange une excursion a cheval pres du lac Baikal. Les details ne sont pas arretes (je voudrais faire 2-3 jours si possible), et il faut que je me rende sur place en minibus local (avec instructions en cyrillique sur un bout de papier). J'ai meme un numero de telephone russe pour mon portable pour me permettre une fois sur place d'appeler le guide qui parle "tchiout tchiout" anglais. Bref ca va etre drole :-)

J'ai en tous cas besoin d'une bonne nuit de sommeil pour etre d'attaque demain : j'espere donc que je serai tout seul ou avec quelqu'un d'aussi creve que moi dans a chambre d'hotel car il s'agit d'une double partagee. Les prix sont en effet eleves par rapport au niveau de confort offert (tres rudimentaire), mais pour ce soir je n'aurais peut-etre pas du faire l'economie de ces quelques euros...

Pour la suite je veux toujours tenter le circumbaikal et j'essaie desperement de m'en faire confirmer les horaires...

A part ca les Russes m'ont pour l'instant paru sympathiques malgre les difficultes de communication qui rendent la moindre paperasserie (et il y en a dans ce pays) passablement compliquee.

A bientot pour de nouvelles aventures !

21/07/2008

Lundi 21 - Suite du programme

La suite se précise : je pars demain pour Oulan-Oudé, en Russie, où je resterai un jour ou deux avant de tenter le Circumbaikal. Il s'agit d'une ligne de train qui ne fait pas du tout le tour du Baikal, mais en longe simplement la partie sud-ouest jusqu'à l'embouchure de l'Angara, fleuve passant à Irkoutsk. Je vais matérialiser cela sur la carte, ce sera tout de suite plus parlant.
La ligne de train est célèbre pour ses nombreux ponts et tunnels, et de très belles vues sur le lac, bien entendu. Il s'agit en fait de l'ancienne ligne du transsibérien, avant qu'un barrage sur l'Angara n'immerge le tronçon qui liait le bout de cette ligne, maintenant en impasse, à Irkoutsk. Le transsibérien emprunte maintenant un raccourci entre Irkoutsk et Kultuk.

Les horaires de train n'ont pas l'air spécialement arrangeant, donc je ne suis pas sûr de pouvoir le prendre. Le problème est surtout que les informations sont contradictoires : le Lonely et tous les sites que j'ai pu trouver indiquent un départ en début d'après-midi, plus un le samedi matin. Mais le site poezda.net qui a l'air par ailleurs recommandé comme référence pour les horaires de train indique un départ à 4h45 du matin le vendredi, et à 6h00 du matin les autres jours où le train circule! Comme j'ai 6h de train entre Oulan-Oudé et Slyudyanka (ou Kultuk) d'où part ce train, et que passer la nuit là-bas ne m'enchante guère (un seul hotel en dehors du village), cet horaire ne m'arrange pas du tout du tout... Je vais contacter une agence de voyage à Irkoutsk pour voir. Il y a peut-être une subtilité à base de fuseau horaire, mais même en appliquant divers décalages de 5h pour se mettre à l'heure de Moscou, cela ne recolle pas vraiment les morceaux.

Après quelques essais je pense être en mesure de dire que sur poezda.net l'heure d'arrivée est exprimée dans le fuseau horaire du lieu de départ.

Bref : ça sent encore l'improvisation tout ça !

18/07/2008

Vendredi 18 - Oulan-Bator une fois de plus...

Message en vitesse (ca devient chronique) pour dire que je suis bien revenu de notre excursion dans le centre et l'ouest avec deux belles balades a cheval a la clef et bien sur quantite de paysages superbes sur la route. Le retour dans la capitale fait toujours un peu bizarre, mais je vais avoir quelques jours pour reflechir a la suite.

A priori depart pour la Russie, a commencer par Oulan-Oude ou le lac Baikal, au plus tard en milieu de semaine prochaine.

To be continued...

06/07/2008

Dimanche 6 - Nouveau départ

On ne peut vraiment pas dire que l'organisation des excursions soit pratique ici : chaque guesthouse propose ses propres tours, sans parler des agences indépendantes, mais à chaque fois il faut un groupe suffisant pour partir, bien entendu, à moins de payer beaucoup plus cher. Or la communication entre les guesthouses est pour ainsi dire inexistante car chacun veut garder ses clients potentiels.
Résultat il faut faire soi-même le tour des guesthouses pour recruter des compagnons de voyage, d'où une perte de temps importante. Heureusement il y a une quantité de guesthouses très proches les unes des autres dans le centre de la capitale.

Hier, en sortant d'un de ces hostels, je passe par la boulangerie française pour prendre un quignon de pain, de quoi accompagner mon fromage ramené du Gobi. Là comme par hasard je tombe sur Antony, l'un des joyeux drilles avec qui j'ai passé deux jours la semaine dernière. Il est en attente du début des cours qu'il donne dans la ville, donc il n'a pas l'air très occupé pour l'instant à part à bavarder sur la terrasse et à mimer des dialogues de la Guerre des Etoiles ou des Tontons Flingueurs.
Il me présente Laure, qui revient de Corée où elle a étudié 6 mois et cherche aussi à partir sur le lac Khovsgol, avant d'aller sur Shanghai décrocher un V.I.E. Bref de fil en aiguille je passe l'après-midi avec eux et nous allons voir d'autres guesthouses avec Laure car elle a le même problème que moi.

Hier soir Antony nous présente un de ses amis Mongol qui travaille dans le tourisme et parle très bien français. Nous mangeons avec d'autres amis d'Antony au Chinghis Restaurant en écoutant de la musique traditionnelle, et en sirotant du jus de fruit car la vente d'alcool est interdite jusqu'à minuit suite aux incidents du 1er. Le couvre-feu est à 22h mais quand nous sortons du restaurant, qui est obligé de fermer, les rues sont loin d'êtres vides.
La soirée se termine chez Antony en discutant (enfin, en l'écoutant ;-)) jusqu'à 2h du matin bien tassées. Le couvre-feu est visiblement bien terminé ce soir car à minuit on entend une boîte de nuit commencer à résonner dans le voisinage...

Ce matin Laure a trouvé 3 compagnons de voyage, et nous avons pu signer chez "UB Guesthouse" pour une excursion de douze jours. C'est plus court que ce que j'avais prévu mais tout ce beau monde est très sympathique et on sera quatre nuit autour du lac, ce qui laisse le temps de bien explorer. Tant pis, je partirai en ermite une autre fois :-)
Je pars donc demain pour douze jours, donc retour le vendredi 18 en fin de journée.

Finalement j'ai tout l'après-midi pour faire les quelques préparatifs nécessaires : changer de l'argent, annuler les autres rendez-vous que nous avions pris pour discuter d'excursions, et glandouiller sur internet... Je vais aussi réfléchir un peu à la suite : en renouvelant mon visa (qui expire quelque chose comme le 24/7) je pourrai toujours participer à une autre excursion. Sinon je peux simplement aller 2 ou 3 jours à Terelj, un parc national à seulement 80km de Oulan-Bator qui vaut aussi le coup, avant de prendre le train pour la Russie (Oulan-Oudé ou Irkoutsk).

Pour finir trois autres photos : j'avais oublié de mettre les chameaux à l'honneur, même si notre balade d'une petite heure fut bien courte.




Ochiro lors de la deuxième crevaison de la journée (et la quatrième au total, à même pas 50km du retour à Oulan-Bator) :



Ciao :-)

05/07/2008

Samedi 5 - Photos du Gobi

Première nuit en ger (= yourte) chez une famille qui possède juste trois ger dont deux à louer. Par la suite malheureusement on sera plutôt dans des endroits plus grands, avec jusqu'à une douzaine de gers. Et encore ce ne sont pas de "grands camps".



Paysages autour du lieu dit de la "stupa blanche".



Notre chauffeur (et mécano, forcément) : Ochiro



Parc naturel strictement protégé, à l'extrême sud de la Mongolie. Malgré le climat désertique, les gorges serrées renferment encore des pans de glace datant de l'hiver dernier !



Et dire qu'on est dans le Gobi !



Dune de sable de Khonghor. En fait il y a une sorte de marais devant, car un petit cours d'eau sort de terre à quelques kilomètres de là et serpente au pied de cette immense dune, le temps de s'évaporer, et d'abreuver les chèvres, chevaux et chameaux ainsi sur la végétation locale.



Chèvre curieuse, à qui je me dois de dédier ces excellents fromages qu'ils font en Mongolie. Probablement un des rares pays au monde à produire des fromages forts comme je les aime. On a également bu de l'airag, le lait de jument fermenté, un excellent breuvage pas très alcoolisé (environ 3°) qui a un peu le goût d'un fromage blanc fermier mais en plus fort.



On assiste par hasard à un petit événement organisé au milieu de nulle part.
Après un combat de lutte Mongole, le vainqueur se voit offrir symboliquement une poignée de morceaux de pains, de fromage et de sucre, qu'il redistribue en partie à certaines personnes de l'assistance.



Les lutteurs exécutent une sorte de danse évoquant le vol d'un aigle.



L'un des participants à la course de chevaux. Ils et elles ont tous entre 7 et 11 ans.



Troupeau de chèvres paissant au pied des montagnes.

Samedi 5 - Retour de Gobi

Retour du Gobi hier comme prévu : si Ingrid n'a pas monopolisé la une, vous avez peut-être vu aux informations que des incidents avaient eu lieu à Oulan-Bator suite aux résultats des élections (victoire des communistes mais soupçons de fraude), avec instauration de l'état d'urgence pendant quelques jours. Finalement il a été levé plus tôt que prévu donc notre retour n'a pas été retardé.
Le voyage s'est en tous cas très bien passé, avec de très beaux paysages et la compagnie très agréable du chauffeur, de notre guide et de Martin, un touriste polonais qui se nourrit principalement de bière et de vodka... Par contre il faut bien dire qu'au bas mot 6h de jeep par jour sur des pistes défoncées, cela devient pénible. D'autant que mon estomac n'était pas en forme hier et dans une moindre mesure avant-hier.
Cela va mieux aujourd'hui mais j'hésite quand à mon prochain voyage : je voudrais éviter de prendre l'avion, autant par principe que pour le prix et pour pouvoir admirer les paysages ! Mais je veux aussi éviter de passer deux semaines en jeep dans les mêmes conditions. Donc je vais essayer de trouver un tour d'une quinzaine de jours (pour éviter de revenir sur Oulan-Bator une seconde fois juste pour en repartir), dans lequel nous passerions le plus de temps possible sur place et non en mouvement. Le lac de Khovsgol semble un bon candidat avec plusieurs jours de cheval (même si ce n'est pas forcément du repos non plus...)

Le mieux serait de faire aussi un peu de marche, car cela reste avec le cheval le meilleur moyen de découvrir le pays. C'est si frustrant d'arriver en jeep, admirer le paysage puis repartir pour la prochaine destination... Les distances sont importantes et vu l'état des pistes, il faut une grosse journée pour faire 300km.
Il est apparemment possible de me rendre tout seul sur place et d'y louer du matériel de camping, mais évidemment cela demande quelques démarches.

A voir, en tous cas je vais commencer par me reposer ici.

Pour la suite j'ai appris qu'une éclipse totale de soleil avait lieu le 1er août dans la région. En Mongolie elle sera visible à l'extrême ouest, par contre en Russie où je serai justement à cette période-là, elle sera visible à Novosibirsk, qui se trouve être sur le transsibérien :-) Donc si la ville n'est pas prise d'assaut par les astronomes, j'essaierai d'être sur place vu que j'ai manqué à quelques kilomètres près celle d'août 2001 (?) en France.

28/06/2008

Samedi 28 - Into the Gobi

Vite pour ne pas etre en retard : j ai trouve un compagnon de voyage pour une excursion dans le Gobi organisee par une agence locale avec jeep, chauffeur et meme traductrice/cuisiniere normalement. Depart dans 15min !

Retour vendredi prochain.

Ciao :-)

26/06/2008

Jeudi 26 - Oulan-Bator

Après pas loin de trois jours de voyage depuis Xi-An, me voilà finalement débarqué à Oulan-Bator. Le trajet était passionnant, des champs et de la verdure du Xi-An, à la sécheresse de la Mongolie Intérieure, la traversée du Gobi puis l'arrivée dans une contrée à nouveau à peu près verdoyante même si ça ne pousse pas bien haut.

Dans le train depuis la frontière Mongole, moi et un Israëlien rencontré à Erlian avons fait la connaissance d'une famille Mongole habitant Oulan-Bator. J'ai joué aux cartes avec leurs filles de 6 et 10 ans, et partagé quelques fruits. Comme nous les avons aidés pour descendre leurs très nombreux bagages, ils nous ont invités chez eux et nous ont offert le thé, puis un repas de raviolis locaux avec un apéro au whiskey, s'il vous plait !

Puis nous les avons quitté et j'ai débarqué dans un repaire de français, une guesthouse pas très bon marché (la gérante est très aimable mais facture en euros !) mais très confortable. Nous avons discuté à bâtons rompus tout l'après-midi avec les autres pensionnaires. D'ailleurs je vais voir s'ils partent dîner ce qui m'éviterait un nouveau repas seul.

Donc plus de détail une prochaine fois ;-)

23/06/2008

Dimanche 23 - En route pour la Mongolie Intérieure

Mon séjour à Xi'An se termine déjà, mais au moins j'aurai vu l'armée enterrée, la forêt de stèles et une partie de l'excellent musée du Shaanxi.

Aujourd'hui départ pour la première étape de mon voyage vers Oulan-Bator, qui m'amènera à Jining Nan d'où je pourrai prendre un train pour la Mongolie Intérieure, jusqu'à la ville frontière de Erlian. De là je passerai en Mongolie tout court, mardi soir ou mercredi matin.

Arrivée à Oulan-Bator mercredi ou jeudi, en fonction des correspondances !

19/06/2008

Jeudi 19 - On the road again

(Pour des raisons informatiques dont je vous épargnerai le détail, j'ai ajouté les accents après coup, donc malgré la vérification orthographique il doit en manquer une palanquée).

Ce matin la difficile tâche d'empaqueter tout mon bazar dans mes sacs ne s'avère pas possible sans transporter un tas de bouquins dans un sac plastique en plus de mes deux sacs habituels. Je checkoute vers midi, et effectue une dernière fois le trajet jusqu'au métro de Wudaokou. Ces dix minutes de marche m'ont déjà mis en sueur, sandwiché comme je suis entre mes deux sacs.

Changement comme d'habitude à Xizhimen pour prendre dans le sens anti-horaire la ligne 2 (circulaire) qui doit en toute logique m'amener sans détours à la gare principale. Ce n'est pas de là que je pars mais je compte y laisser mon gros sac le temps de faire quelques achats de souvenirs et surtout d'expédier toute cette surcharge pondérale dans un colis vers la France. Il y a bien sur aussi une consigne à la gare de l'ouest d'ou je pars ce soir, mais celle-ci est assez excentrée et pas franchement pratique d'accès.

Le fil de mes pensées me fait apparemment rater la station, car de Chongwenmen je me retrouve directement à Jianguomen. Je traverse le quai et repars dans l'autre sens. Il n'y a qu'une station donc je reste debout devant la porte... et je vois passer devant moi la station "Beijing Zhan" (gare de Beijing), à peine éclairée. Tout s'explique, je ne suis pas si distrait que ca finalement. Encore que : je ne suis allé qu'une seule fois à Jianguomen par le sud (la seconde fois j'ai realisé qu'il y avait une station de moins par le nord), mais tout de même je pense que j'aurais remarqué si on avait sauté une station ?
Toujours est-il qu'il me faut maintenant un bus pour la gare, ce qui n'est évidemment pas difficile vu qu'elle attire pas mal de lignes à elle. Quand j'arrive la vue me fait tout de suite penser à la gare de Kunming empruntée cinq ans auparavant : une grande place pleine de gens debouts, assis, accroupis voire allongés, avec des bagages de toutes sortes, mélange chamarré, oisif et bruyant, version Woodstock sans la boue.

La gare est munie d'un système de consigne à bagages très moderne avec serrure électronique. Mais comme toujours se pose le probleme du paiement : comme il n'y a quasiment pas de pièces en circulation, les machines automatiques sont rares. Pour avaler des billets il faut en effet pouvoir les reconnaitre, et vu l'état general des billets de 1 yuan, faire l'appoint s'avèrerait problématique. C'est censé changer très vite car pour le coup le métro s'est équipé de machines automatiques n'acceptant que les pièces de 1 et les billets de 5 et 10.
Bref tout ça pour dire qu'une préposée est là pour réceptionner le paiement et déverser sa mauvaise humeur sur les clients. J'affronte la bête sereinement, en essayant de l'amadouer avec quelques mots de chinois. Elle me demande un ticket de train sinon pas le droit d'utiliser la consigne, non mais. Je lui sors mon ticket de la gare de l'ouest, heureusement ça lui convient. Elle prend quand même la peine de me faire remarquer que ce n'est pas la bonne gare, et je la rassure en lui disant que je suis au courant. Il faut que je reprenne mon sac avant 18h30... Je trouve ca un peu naze comme restriction pour la plus grande gare ferroviaire de la capitale. Il y a une consigne 24/24 mais uniquement "small luggage" (je ne suis pas allé voir la taille de "small"). Après vérification dans le lonely, il y aurait en fait aussi des casiers en libre accès à un autre endroit.

Soudainement allégé, vue l'heure je m'en vais directement perdre encore plus de poids et tester les compétences relationnelles d'autres préposées en me dirigeant vers la Poste Internationale de Jianguomen. Facile à trouver, compétente et aimable, je n'aurai à me plaindre de rien (*). J'ai quasiment deux employées rien que pour moi. J'étais prévenu donc je n'avais rien emballé, car tout est inspecté avant empaquetage par leurs soins dans un carton à elles. Apparemment le matériel électronique peut poser problème, car mon dictionnaire Casio soulève une discussion experte. Finalement après démonstration du machin (elles devaient craindre qu'il s'agisse d'une sorte de Pocket PC), il est autorisé à embarquer après que les piles m'aient été rendues.
Comme j'ai decidé de garder le PC malgré son fonctionnement diminué, je ne sais pas ce qu'elles en auraient dit : est-ce qu'enlever la batterie aurait suffi ou refusent-elles tout simplement d'embarquer du matériel fragile susceptible de donner lieu à d'ennuyeuses réclamations ? (**) Mystère. A noter que les bouquins n'ont pas vraiment été inspectés, je ne pense pas qu'ils cherchent à filtrer les envois.
Finalement il y en a pour plus de huit kilos, même en enlevant l'emballage, charge que je suis fichtrement content de laisser aux soins d'un transporteur... Surtout pour ce prix : j'en suis de 262 yuans, soit 26 euros pour un transport de surface (a priori maritime), assurance comprise (pour une valeur estimée au pif de 100 euros - j'aurais dû gonfler un peu plus je pense).

J'inaugure du coup une course d'un genre un peu particulier : depuis Beijing, d'après ce qu'on m'a dit, entre un colis au tarif lent en bateau via le canal de Suez et un pékin de base (moi) en train à travers la Sibérie, les paris sont ouverts sur lequel arrivera le premier Rue de Savoie.

Je n'ai plus trop envie de faire de courses maintenant, vu qu'il faudrait que je me les trimballe à Xi'An, donc je verrai directement là-bas. Je pars vers le nord avec dans l'idée une galerie d'art, mais je change (encore) d'avis en route et après un casse-croûte de brochettes je passe chez un coiffeur. J'y suis déjà allé il y a deux ou trois semaines mais je ne m'étais pas bien expliqué et d'ailleurs je n'avais pas trop la tête à ça ce jour-la. Ce coup-ci je lui explique que je veux qu'il coupe très court, je mime l'utilisation d'une tondeuse mais rien à faire, il attaque vaillamment aux ciseaux. C'est quand même mieux, il ne reste que la barbe qui a pris du poil de la bête vu que je ne l'ai pas sérieusement taillée depuis Fukuoka. J'ai quand même droit à la tondeuse et me voilà tout neuf et fin prêt à passer une frontière (mais toujours aussi peu conforme à la photo de mon passeport...).

Je reviens ensuite tranquillement en improvisant un chemin vers le "sud" à travers un tas de hutongs (ruelles pékinoises), certaines clairement touristiques et d'autres complètement à l'opposé du registre. Les vieux y jouent aux cartes ou discutent dans la rue comme s'ils n'étaient pas au beau milieu de la frénetique capitale accueillant les JOs dans 51 jours (peu ou prou).
En fait mon "sud" a du plomb dans l'aile, car je me retrouve à la Tour de la Cloche, plein ouest voire franchement au nord de mon point de départ. J'ai dû encore me tromper d'un cadran mais même sachant cela je n'arrive même pas à voir comment j'ai pu me retrouver là... Bref je remonte de deux blocs vers le nord, le vrai ce coup-ci, et prend le métro pour Jianguomen, d'où je rejoins à pied la gare et ma consigne.


Quelques décilitres de sueur plus tard, je sors du métro à la station du "Musée Militaire" et, tant qu'à faire, je finis le kilomètre et des brouettes restant à pied. Contrairement à la gare principale, la gare de l'ouest n'est pas reliée par le métro. Pardon, elle ne "prétend" pas être reliée...
Au bout du boulevard difficile de manquer le bâtiment colossal surmonté d'une arche elle-même coiffée d'une sorte de pagode-tour-de-contrôle-spatiale. J'ai l'impression d'arriver sur un aéroport, avec rampes d'accès automobiles genre Orly-Sud, vérification des bagages aux rayons X à l'entrée, dedans panneau d'affichage (synchrone, contrairement à celui de Roissy le 20 mars dernier...) pour les trains au départ, salles d'attente avec accès contrôlé par le ticket et feu vert pour l'embarquement affiché au fur et à mesure, presque toujours une demi-heure avant le départ.

Avant d'aller en salle d'attente je me pose avec un certain soulagement au "Californian (?!) Beef and Noodles" du coin, chaîne de fast-food qui, comme son nom ne l'indique pas, sert des plats bien chinois.
Je prend mon temps, surtout que les bières sont servies par 600mL... Puis j'avance un peu mon Voyage vers l'Ouest littéraire en salle d'attente avant d'aller prendre place wagon 14, "compartiment" 8 (en couchettes dures il s'agit en fait d'un couloir cloisonné avec deux fois trois couchettes superposées entre deux cloisons). La couchette du haut est, euh, haute, et j'y hisse tant bien que mal mon gros sac. Il y a un peu de place au dessus de la porte pour les bagages, un matelas comme prévu légèrement plus confortable que celui de l'auberge de jeunesse de Wudaokou, une lampe de chevet incluse dans le prix, et une charmante voisine avec qui, comme à mon habitude, je n'échange pas un mot ;-)
La "provodnitsa" de service (il faut que je me mette au russe maintenant ;-)) vient nous échanger nos billets contre une carte plastifiée avec le numéro de la couchette. Je me demande un bon moment à quoi ça peut servir, tout en me demandant parallèlement comment se réveiller lorsqu'on descend du train en pleine nuit quand on dort avec des bouchons d'oreille comme moi et qu'accessoirement l'heure d'arrivée n'est écrite nulle part. Normalement à ce stade vous avez la solution, du moins mon hypothèse actuelle, sinon relisez le paragraphe :-)
A part ça il y a de l'eau bouillante au bout du wagon, et surtout la clim souffle bien trop frais sur les couchettes du dessus (mauvaise pioche). Après un peu de lecture, je m'enfouis sous la couette en cherchant un compromis entre crever de chaud et m'enrhumer. C'est la première fois que j'utilise une couette non pour me réchauffer mais pour améliorer la répartition de la transmission de la fraîcheur de l'air vers mon corps...




(*) En fait à la Poste de Xi'An pour mon deuxième envoi, je trouverai tout de même un motif de plainte : l'assurance que j'ai payée à Beijing ne fonctionnerait apparemment que pour les envois aux Etats-Unis et en Australie... Je leur laisse cependant le bénéfice du doute.
(**) Encore que vue la nullité de l'assurance souscrite...

18/06/2008

Mercredi 18 - Derniers cours

Aujourd'hui j'ai assisté à mes derniers cours de Mandarin, comme prévu, et fait mes adieux à mes deux charmantes "professeuses". Li-laoshi m'a recommandé de poursuivre en France même pendant mon travail, et je lui ai dit que je voudrais bien mais que comme il faudrait aussi que je fasse du japonais, mon emploi du temps risque d'être chargé.
Ces quatre semaines et demi sont vraiment passées en coup de vent ! Évidemment je serais volontiers resté un mois ou deux de plus à ce rythme, histoire d'acquérir un niveau plus que symbolique en Mandarin, mais je suis déjà bien content d'avoir pu improviser ce mois d'étude au milieu du voyage.

J'ai mon billet de train pour Xi'An pour demain soir (nuit de jeudi à vendredi), et j'ai commencé à me renseigner sérieusement pour rejoindre ensuite Oulan-Bator. Bien évidemment n'ayant pas de réservation il est exclu que je puisse prendre le trans-mongolien lui-même : il n'y a qu'un départ par semaine jusqu'à Moscou, plus un autre (ou deux, c'est pas clair) qui ne va que jusqu'à la capitale Mongole. Les billets sont pas mal trustés par les agences de voyage qui les revendent jusqu'à plusieurs fois le prix d'achat.
Le plan B se décline en multiples sous-options avec cependant un point commun : le passage de la frontière en jeep/taxi car il est interdit de la passer à pied. La ville la plus proche en Mongolie Intérieure (donc coté chinois) est Erlian (Эрээн хот, Ereen khot, 二连浩特), aussi connue sous les noms de Erenhot, Ereen ou Eriyen. Multiplicité qui, vous vous en doutez, ne facilite pas franchement la recherche d'information sur le net...
De l'autre coté, on rejoint la ville de Zamiin Uud (Замын-Үүд, Zamyn-Üüd, Zamyn-Uued, Zamin-Uued, Zamyn-Uud, etc.!) depuis laquelle on peut rejoindre Oulan-Bator en train si on arrive à acheter un billet, en bus sinon (et si on a le dos solide).

Les autres options concernent le trajet coté Chinois : Erlian n'est pas reliée directement à Beijing, à part bien sûr par les trans-mongoliens (K3 et K23 de leur petit numéro). Il faut donc prendre le train pour Hohhot (capitale de la Mongolie intérieure), descendre éventuellement à Jining Nan et attendre le train qui part de Hohhot et rejoint Erlian (c'est plus clair sur la carte).
Il est aussi possible de faire le trajet direct en bus, mais un récit lu sur internet ne m'y encourage pas : non que le trajet dans le bus remplis de Mongoliens se soit mal passé, mais apparemment il est difficile de convaincre le personnel du guichet de vendre un billet à un occidental (dans son cas c'était une fille, encore plus difficile j'imagine)...

Au final de Xi'An je ne sais pas si je vais revenir sur Beijing : d'après les moteurs de recherche ferroviaires je peux en effet faire le trajet Xi'An - Lining Nan directement. C'est à peine plus court que de repasser par Beijing (on gagne 1h15 sur 20h de trajet environ) mais cela évite un changement. Par contre il y a beaucoup plus de trains sur Xi'An - Beijing et Beijing - Hohhot que sur Xi'An - Lining Nan. Comme les moteurs indiquent uniquement les heures de départ mais pas les jours, je ne suis même pas sûr qu'il y en ait tous les jours.
Je vais voir aussi si ça vaut le coup de visiter Hohhot, où il semble y avoir au moins un temple d'une architecture complètement différente de ce qu'on voit en Chine (Cf. lien plus haut).

Du coup je vais essayer d'envoyer un colis demain pour alléger mon sac tant que possible. Je garderai de quoi m'occuper dans le train bien sûr, mais je ne me vois pas trimbaler mes bouquins de chinois sur les 10 000 prochains kilomètres... Si j'arrive à me lever assez tôt je pourrai même faire quelques courses vu que je n'ai pas pris le temps jusque là.
Je n'étais vraiment pas motivé dimanche dernier donc je n'ai acheté que de quoi lire : Journey to the West, quatre tomes de 600 pages qui, en plus de porter un nom particulièrement de circonstance, est un des quatre romans classiques de la littérature Chinoise.

13/06/2008

Vendredi 13 - Quelques visites

Hier matin nous sommes allés avec Emilie et Damien à la résidence du Prince Gong, soit-disant un des plus beaux bâtiments de Beijing. A vrai dire je suis un peu déçu, même si on arrive avant la plupart des touristes, la résidence est jolie sans plus. Le problème est que comme toujours on ne visite que l'extérieur. A l'intérieur il n'y a que des boutiques de souvenirs. C'est loin d'avoir le charme de la résidence de Takayama... Comme dit Emilie le mobilier a peut-être été "déménagé" à Taiwan lors de la fuite du Kuomintang en 1949.
En sortant nous traversons quelques hutongs (ruelles caractéristiques de Beijing, souvent étroites), puis longeons le lac sur lequel les pékinois patinent l'hiver et pédalotent le reste du temps. Nous allons manger dans un endroit assez particulier : il faut acheter une carte qu'on recharge comme une carte de métro, puis on déambule dans deux couloirs et on choisit des plats dans des stands. Ceux-ci servent des plats du "vieux Pékin", et sur une scène dans la "salle à manger" un homme montre d'anciens instruments de musique en expliquant à quoi ils servaient. Emilie comprend que les différents artisans qui passaient dans les rues avaient chacun leurs instruments et leurs mélodies attitrées, ce qui j'imagine permettait de les repérer de loin.

Ce matin nouvelle excursion dans le centre, cette fois seul et en commençant par l'ambassade de Mongolie. Le temps de dire "Ni hao" je récupère mon passeport avec un visa mongolien que je vérifie minutieusement et juge en bonne et due forme. Les dates du voyage ne sont pas indiquées alors qu'elles étaient demandées pour la lettre d'invitation que je leur ai fournie. C'est plutôt une bonne chose, cela permet d'être plus flexible même si de toutes façons je suis en butée sur mon visa russe qui est lui daté.
En revenant je visite l'ancien observatoire astronomique, situé à vingt mètres de la station de métro Jianguomen. De petites salles présentent rapidement l'astronomie développée en Chine puis celle apportée par les Jésuites. Une douzaine d'instruments d'un beau gabarit sont exposés dans la cour et sur le toit de la tour ressemblant plus à une forteresse qu'à un lieu d'étude. Entre autres plusieurs sphères armillaires d'au moins un mètre de diamètre permettaient de représenter les mouvements des étoiles.

J'ai annoncé à ma prof du second cours que je n'assisterai que jusqu'à mercredi prochain, elle était très déçue, et surtout envieuse du reste de mon programme ;-)

Je n'ai pas trop réfléchi encore à mon programme du week-end. Il faut que j'aille au zoo voir les pandas du Sichuan (leur arrivée pour les J.O. était prévue avant le tremblement de terre), mais surement pas pendant le week-end, trop de monde. J'irai tôt lundi matin, par exemple. Je vais peut-être simplement faire quelques emplettes, et peut-être voir des spectacles : après les acrobates de dimanche dernier il faut quand même que je voie de l'opéra de Pékin, et si possible un spectacle de Kungfu. Une autre possibilité est d'y aller un soir en semaine car cela passe tous les jours (c'est donc probablement assez touristique, mais tant pis).

10/06/2008

Mardi 10 - Quelques nouvelles

Comme on me l'a fait remarquer, cela fait bientôt deux semaines que je n'ai pas trop donné de nouvelles écrites ! J'ai tout de même publié les derniers articles sur la Corée, comme vous l'aurez constaté.

Concernant mes activités Pékinoises, j'ai rempilé la semaine dernière pour dix jours de cours à l'école Diqiucun ce qui, en comptant la journée d'hier qui était fériée, me fera terminer mercredi en huit, le 18 juin. J'ai toujours dans l'idée de faire ensuite un saut jusqu'à Xi'an, mais ce n'est pas sûr. Malgré mes visites du week-end il restera en effet pas mal de choses à faire dans la région de Beijing, je pense en particulier aux tombes des Rois Ming et/ou de celles des Qing, et à la ville de Chengde et son palais d'Eté (le vrai, pas ceux situés à Beijing même).
Cela suppose aussi que le visa Mongolien ne posera pas de souci : quand j'ai déposé ma demande mercredi dernier aux services consulaires, un couple anglophone avait apparemment quelques difficultés car on leur demandait de repasser le lendemain.

Rapide rétrospective de mes visites à Beijing : je ne sais pas si j'arriverai à écrire des articles aussi complets qu'à mon habitude, malgré tout ce qu'il y a d'intéressant à dire sur les nombreux témoignages de la grandeur passée de l'Empire... Donc je résume ici mes activités de manière purement textuelle et je publierai quelques photos dans des articles datés. Cela risque d'être assez décousu, désolé.

Le 18 mai j'ai visité le palais d'Eté, pas très loin de Wudaokou. J'ai un article à peu près digne de ce nom en préparation, donc je n'en rajoute pas. Comme mentionné ailleurs, le week-end suivant j'ai visité l'obligatoire Cité Interdite, ainsi que le parc de Beihai le lendemain suivi du parc situé juste au nord de l'ancien domaine impérial et pourvu d'un point de vue imprenable dessus.

Il y a dix jours j'ai arpenté la Grande Muraille sur une dizaine de kilomètres entre Jinshanling et Simatai avec Damien et Emilie, qui m'emmènent aussi dans leurs restaus préférés, et m'ont fait visiter la fac réputée de "Beida" (petit nom de "Beijing Daxue", littéralement - et tout simplement - l'Université de Pékin). Cette fac râfle avec celle de Qinghua la majorité des grosses têtes du pays et fut à l'origine de nombreux mouvements sociaux progressistes.
La Grande Muraille est aussi impressionnante qu'on le dit (je sais ça vous fait une belle jambe sans les photos), même si certains tronçons sont en ruine, et chose surprenante il n'y avait pas beaucoup de monde sur cette section. Une balade donc très agréable, que nous avons finie avec quelques vendeuses locales qui rentraient chez elles, et qui nous ont permis de pratiquer notre chinois (balbutiant dans le cas de Damien et moi, courant dans le cas d'Emilie qui est ici en thèse).

Ce week-end j'ai fait le Temple de la Terre et le Temple du Ciel dans la même journée, pour faire bonne mesure. Ces spacieux carrefours ésotériques ne ressemblent en rien à des temples bouddhistes, mais étaient d'une importance capitale pour l'Empereur, lien vivant entre son peuple et les deux mondes. J'ai pu vérifier ce que chacun sait, à savoir que la Terre est carrée (et plate, cela va sans dire) et située au nord, tandis que le Ciel est rond et situé au sud.
Dans un style plus classique j'ai visité aussi le temple du Lhama (YongHeGong), où l'on croise beaucoup de touristes mais aussi beaucoup de pratiquants rendant hommage aux divinités (trois bâtons d'encens à chaque fois, pour symboliser les trois vies dont nous sommes tous pourvus - heureux de l'apprendre !).
Enfin, j'ai flâné deux paires d'heures dans le parc de l'ancien palais d'Eté hier (YuanMingYuan - non, toujours pas à Chengde). On voit tout de suite qu'il n'est pas dans le circuit touristique standard (idem le Temple de la Terre), car on n'y croise quasiment que des locaux et en nombre raisonnable, contrairement aux attractions comme le temple du Ciel, le palais d'Eté et bien sûr la Cité Interdite. On y est beaucoup plus au calme, ce qui permet d'admirer sereinement l'entremêlement de lacs, d'îles, de ponts, etc., que n'arrivent pas (encore) à gâcher les travaux "d'embellissement" probablement décidés en vue de l'Olympiade.
Beaucoup de verdure et un bon nombre d'oiseaux.

Et là je file car on va m'attendre pour le restau :-)

28/05/2008

Mercredi 28 - Utter failure...

Voilà déjà dix jours de cours de passés, et je me sens plutôt d'avis à faire un mois comme prévu initialement, mais on verra, tout peut encore arriver...

J'ai bien sûr pris à nouveau un retard épique au niveau du blog, avec une demi-douzaine d'articles prêts (et heureusement déjà téléchargés en mode "brouillons" sur ce site - Cf. la suite) en attente de photos, un article manquant en plein milieu (celui du 13/5...) et quelques uns qui manquent.
En effet j'ai quand même visité un peu Beijing depuis mon arrivée : Palais d'Eté dimanche 18 (j'ai déjà dû en toucher deux mots), et le week-end dernier j'ai visité le centre de la capitale, avec la cité interdite samedi suivie d'une pièce de théâtre, et deux parcs de belle taille dimanche suivis d'un (demi) canard laqué !

Il faudra que je parle de tout ça un peu plus en détail, mais pour l'instant je me dois de me flageller publiquement pour une bourde monumentale exécutée hier sur mon ordinateur : le site de windows update ne fonctionnant plus sur mon PC, j'ai installé manuellement une mise à jour... Manque de pot elle n'était pas adaptée à ma configuration et cela a occasionné un plantage spectaculaire de la machine avec impossibilité de redémarrer à part en mode sans échec !!
Résultat de ma témérité : comme il n'y a pas de lecteur CDROM ni disquette sur une machine aussi petite, impossible de restaurer le système. En effet le seul moyen est de démarrer sur USB ("évidemment" pensent les autres geeks), mais à cette époque le boot USB ne devait pas être courant, à moins qu'il ne s'agisse encore une fois d'un comportement anti-concurrentiel de Sony, en tous cas seuls les lecteurs CDROM externes de marque Sony fonctionnent (et encore, sûrement pas tous).

Sans cela ç'aurait été l'occasion idéale d'installer un Linux car je sais d'après des pages de fans (ce modèle de PC est très populaire, même Linus Torvalds en a un, pour dire !) que cela fonctionne plutôt bien. Mais je vous laisse imaginer les déboires que m'amènerait la recherche d'un lecteur Sony (à emprunter de préférence) à Beijing avec mes capacités actuelles en mandarin... Je connais bien un chinois assez sympa et désoeuvré (il attend un renouvellement de visa pour ses études aux US), je pourrais éventuellement lui demander si j'osais lui faire perdre quelques heures de son temps (une fois que je serai décidé à les perdre sur le mien, ce qui n'est pas évident).
L'autre solution est de trouver une personne encore plus conciliante acceptant de me prêter un ordinateur portable avec lecteur CD, et d'échanger les disques durs (à supposer que leur format/protocoles soient compatibles) le temps d'installer Linux. Et compléter manuellement l'install avec les drivers manquants...

Bref que du bonheur. Autant pour ma carte WIFI toute neuve ;-)
Enfin une bonne nouvelle quand même : le seul logiciel qui marche en mode sans échec est... le dictionnaire de chinois très pratique que j'utilise pour mes études ^_^

25/05/2008

Dimanche 25 - Parc JingShan en chanson

Parc JingShan, juste au nord de la Cité Interdite. D'où une belle vue :



Vue sur le parc Beihai adjacent, coté ouest.



Dans le parc de nombreux groupes se forment : un ou deux types arrivent avec parfois des partitions voire une petite sono, commencent à chanter, et d'autres se joignent à eux. C'est assez magique : ils chantent plutôt bien ! Je reste scotché une bonne heure à écouter un groupe important, mais il y en a au moins une douzaine d'autres dans le parc.
Pas de bol, j'ai une vidéo avec le son mais il me faudrait une connexion autrement meilleure pour la télécharger... ;-) Le seul titre que je reconnais est sur l'air de l'Internationale, mais je suppose qu'ils chantent aussi pas mal de chansons traditionnelles.

D'autres artistes en herbe (ou professionnels s'entraînant) font des pas de danse, jouent de l'instrument ou font virevolter des rubans.



Muraille de la Cité Interdite, vue de l'autre coté des douves.



Plus tard, petite balade au bord d'un morceau de l'ancienne muraille Ming (il me semble). Ensuite je me dans un restaurant connu tout près de la station ChongWenMen pour un repas de canard laqué. Comme prévu par le Lonely, le personnel insiste lourdement pour me faire prendre une version plus chère. C'est vraiment pénible, une première fois passe encore, mais après avoir expliqué clairement que je voulais autre chose, la serveuse s'en va en faisant mine de ne pas avoir compris et une autre arrive pour me resortir le même baratin !! Du coup je ne prend pas grand chose à coté et, si le canard a un excellent goût de trop peu, je m'en vais frustré de cette ambiance désagréable. Restaurant à déconseiller.

Dimanche 25 - Tours pas jumelles, parc Beihai

Dans la Tour des Tambours : un seul est d'époque, devinez lequel.



En face, la Tour de la Cloche.



Au nord du parc de Beihai, jardins et pavillons de détente très coquets. Pour plus de détails sur le parc, ce site a l'air très complet (mais en anglais naturellement). D'ailleurs il a même l'air de couvrir tout Pékin.




Dans un des temples. Au dos, un bouddha ou bodhisattva ventripotent en position assise. Ce n'est pas la première fois que je vois ces deux-là dos à dos. Il faudrait que j'en retrouve la signification...



L'un des quatre gardiens traditionnels des temples bouddhistes. Particulièrement terrifiant avec son, euh, divin banjo ;-)



Vue de la Dagoba Blanche depuis l'autre coté du lac. Le tout petit pavillon qu'on voit adjacent à sa droite est un temple bouddhiste tibétain. La dagoba a été construite en 1651 comme symbole de respect pour la foi bouddhiste et d'unité des divers peuples de l'Empire.



Mur du temple tibétain, et statue à l'intérieur :


24/05/2008

Samedi 24 - TianAnMen, théâtre

Place TianAnMen vue depuis la porte du même nom : porte (门 mén) de la tranquillité (安 ān) céleste (天 tiān).




Le soir au "Chang'An Grand Theatre". Sous-titres malheureusement uniquement en idéogrammes ;-)


Samedi 24 - Cité Interdite

Quelques photos de la Cité Interdite : le principal hall était malheureusement en réfection. Comme souvent on ne peut visiter que l'extérieur des bâtiments, ce qui laisse l'impression étrange de voir un palais fantôme. Il faut dire qu'après avoir vu le film "Cité Interdite" (peut-être l'an dernier, bizarrement je ne le trouve pas sur IMDb), la réalité a du mal à soutenir la comparaison. Le film était graphiquement superbe mais je suppose historiquement très contestable, en particulier sur les scènes d'intérieur avec leur délire de jeu de lumières colorées...
Bien qu'on soit samedi, le flux de visiteurs se dilue assez vite dans l'imposant complexe urbain uniformément peint de rouge.

Impressionnante liste de langues pour l'audio-guide. Il ne manque guère que le sindarin et le klingon (comme souvent se reporter à l'article correspondant en anglais pour plus de détail)...
La lecture se déclenche "automatiquement" grâce à un positionnement GPS. C'est très chic mais cela ne fonctionne pas toujours très bien : il arrive que cela se déclenche trop tôt, auquel cas il faut rester sur place pour écouter car chaque item ne sera récité qu'une seule fois par visite. Parfois cela se déclenche trop tard, alors qu'on a déjà fait le tour de la zone concernée...



L'une des deux principales cours intérieures.




Groar.



Mur-Dragon : il s'agit d'un mur couvert de sept dragons de porcelaine. L'un des dragons a eu une de ses pièces remplacée par un morceau de bois de même forme. L'histoire (ou la légende ?) dit que les ouvriers avaient cassé une pièce et, pour éviter de subir le courroux du contre-maître au vu du coût de refabrication de cette pièce unique, ont décidé de la remplacer. L'illusion aurait tenu jusqu'à ce que les intempéries dévoilent la supercherie en lui conférant un teint différent des autres pièces.
Le concept de mur-dragon n'est pas unique à la cité interdite : dans certains temples, par exemple dans le parc de Beihai tout proche, un tel mur est planté au milieu d'une cour, avec sept dragons de chaque coté.





Je ne sais pas si c'est pour empêcher les gens de se péter le dos en grimpant sur les rochers ou pour éviter de les abîmer, mais en tous cas tenez-vous le pour dit :-)



A la fermeture, à 17h seulement, le personnel essaie tant bien que mal de faire refluer les touristes vers l'entrée. Je ne suis pas seul à profiter de ce moment et de l'éclairage particulier pour faire des photos pas trop encombrées de touristes.

21/05/2008

Mercredi 21 - Petites victoires

Deux petites victoires ce soir : la première est que je peux maintenant accéder à internet depuis mon PC de poche ! Celui-ci n'est en effet doté ni de réseau sans fil (WIFI, je ne sais même pas si ça existait à l'époque), ni même de prise réseau filaire.
Pour compenser ce manque, j'avais donc acheté avant-hier une carte PCMCIA (format enfichable pour les ordinateurs portables, dont pour le coup mon PC est doté) pour accéder au réseau WIFI du Youth Hostel (ce n'est pas une bidouille, on a le droit). Je pensais avoir des problèmes de configuration car cela ne marchait pas, mais c'était le réseau qui était mal configuré car je ne suis pas le seul à avoir eu ce problème. Ce soir c'est remis d'aplomb, et me voilà branché !

Autre victoire : contournement de la censure chinoise. La bataille fut brève vu que le premier site renvoyé par le moteur de recherche m'a fourni la solution. Je savais qu'il fallait utiliser un proxy (serveur relais) qui se chargerait de relayer les sites bloqués vers moi. Du moment que le proxy est inconnu des services de censure, ceux-ci ont l'impression que j'accède au proxy et non au site censuré. Le problème est que je ne connaissais pas de proxy public gratuit.
En fait si, il en existe un tout simple : le service de traduction automatique de pages web de Google ! Ce service permet de traduire une page d'une langue vers une autre : c'est assez primitif (rappelez vous : "le spiritueux est alcoolisé mais la chair est avariée" (*), on n'a guère avancé depuis) mais ça rend de fiers services, par exemple, tout à fait au hasard, quand on veut lire le site d'une compagnie de ferry ou d'une école de langue coréenne.
Or pour cela ce service doit justement aller lire le site qu'on veut traduire, le traduire, puis nous l'envoyer. C'est exactement le fonctionnement d'un proxy, la traduction en plus. Evidemment quand on demande à Google de traduire depuis le coréen vers le français une page qui est déjà en français, le résultat est... la page d'origine :-)

Magique !



(*) Je ne trouve pas de référence sur le web pour cette histoire, que je vous retranscris donc de mémoire (entendu d'un prof de Centrale il y a quelques années) : aux débuts de la traduction automatique, peut-être dans les années 60, l'armée américaine avait mis au point un traducteur automatique de l'anglais vers et depuis... le russe (évidemment). Lors d'une démonstration à un bureaucrate un peu trop malin, celui-ci demanda à essayer une phrase de son choix. Il entra donc "The spirit is strong, but the flesh is weak". La machine traduisit (correctement il me semble) vers le russe, puis à nouveau vers l'anglais. Avec le résultat que vous aurez désormais deviné.

Mercredi 21 - Diqiucun Language School

Quelques nouvelles même si je suis très occupé par les cours. J'ai changé d'hôtel pour me rapprocher de Wudaokou, je suis dans une grande auberge de jeunesse à cinq cent mètres de l'école, donc je peux y aller en tongues. Ce n'est pas un endroit idéal pour travailler car ça manque d'éclairage dans les chambres et les gens fument dans le salon. Le frigo est plein à craquer, et il n'y a pas de couverts. De plus internet est souvent occupé, n'est pas bon marché et l'alimentation du PC a cramé sous mes yeux ce matin... Gros avantage tout de même, en tant que membre de la FUAJ le lit est à 50 yuans (dans les 5 euros) la nuit soit à peu près ce qu'on trouve de moins cher à Beijing.
Je viens de découvrir qu'il y a une dizaine de postes internet en libre accès à l'école. L'adresse du blog (en "blogspot.com") est bien filtrée (merci la censure chinoise), mais pas le site "blogger.com", et l'ajout de photos fonctionne, donc je vais pouvoir mettre à jour le site quand j'aurais un moment de libre.

Je ne prends "que" 3h de cours par jour mais cela demande beaucoup de travail personnel. Le planning est le même tous les jours : premier cours entre 13h et 14h30. Surprise en y allant hier pour la première fois, nous étions un improbable rassemblement de trois français et une algérienne (voilée) ! L'école étant coréenne, la plupart des étudiants sont des Coréens. La prof est sympa et va à un rythme permettant à tout le monde de suivre.
Ensuite de 14h40 à 16h10, autre cours (sur le fameux livre "301", censé être plus facile) mais avec une prof qui va au delà du périmètre du bouquin et qui remplit le tableau d'idéogrammes à une vitesse folle. Il faut dire que tous les élèves de ce cours à part moi et un Russe sont des Coréens. Ces derniers doivent être déjà sensibilisés aux idéogrammes car ils sont clairement plus à l'aise. Mes études de japonais me sauvent véritablement dans ce cours, par contre le Russe est largué au niveau de l'écriture, ce qui est logique. Recopier des idéogrammes quand on n'en a jamais écrit de sa vie est très compliqué car on ne sait pas les décomposer, sans compter qu'écrits au tableau ils n'ont pas exactement le même aspect qu'imprimés, même s'il y a moins de différence qu'entre imprimerie et écriture cursive sur des caractères romains (heureusement).

Bon je vous laisse, j'ai quelques révisions à faire et il faut que je lise la leçon d'aujourd'hui avant le 301. Cela me permettra de filtrer la prise de note et de mieux écouter ses explications, pas toujours hyper claires (elle parle guère plus anglais que les Coréens qui sont avec nous)...

Pour l'instant j'en ai pris pour deux semaines de cours, je verrai ensuite. Bizarrement je suis beaucoup moins chaud maintenant pour y passer un mois :-)

18/05/2008

Dimanche 18 - Palais d'Eté

Après une grasse matinée bien méritée (ou pas, de toutes façons je suis seul juge en la matière), je me dirige vers le quartier de Wudaokou, au nord-ouest de la ville. Le personnel du cossu "Templeside Guesthouse" où je loge m'indique un bus direct, ce qui m'évite de rejoindre la station de métro la plus proche, à un kilomètre et demi environ. Il n'y avait jusqu'à récemment encore que 4 lignes de métro dans Pékin, ce qui est évidemment très insuffisant. Plusieurs lignes supplémentaires sont en construction pour les J.O., certaines étant déjà en service.
En fait on m'a indiqué le mauvais bus, il va directement au Palais d'Eté mais sans passer par la case Wudaokou. Je descend du mauvais bus et monte dans le bon, après avoir décodé l'itinéraire affiché sur l'arrêt. C'est relativement aisé pour qui a l'habitude de lire des idéogrammes. Il semble que plusieurs systèmes coexistent, mais dans la plupart des bus le chauffeur ne s'occupe que de conduire, et un autre agent (en général de genre féminin) s'occupe d'encaisser le malheureux "kuai" (10 centimes d'euro) que coûte en général un trajet, l'échangeant contre un petit coupon de papier barré au crayon (rouge). En fait il y a aussi un système de badge magnétique (ou RFID) pour les utilisateurs réguliers.

Mon plan est tellement imprécis que je tourne un moment avant de trouver l'école, pourtant juste en face de la gare en sortant coté ouest et en remontant dans les 50m vers le nord sur la toute première rue. Je monte au bureau. On est dimanche, et alors ? L'école a des cours même le week-end, différents de ceux de la semaine, mais c'est quand même assez calme. J'avais été prévenu que le personnel parle très peu anglais, c'est le cas, on me pointe du doigt un cours à 14h40 vu que celui de 7h10 ne concerne que la lecture du "pinyin" (la méthode de transcription en caractères romains) et qu'après un (très) rapide test la fille juge que je m'en sors bien.
J'essaie de me faire expliquer le tableau décrivant l'ensemble des cours pour débutants. Je n'y comprend pas grand chose, j'ai dû mal à croire qu'il y a tout ça tous les jours à la même heure (en fait si, c'est aussi simple que cela), et je ne vois pas ce qui peut m'aider à choisir tel ou tel cours. Sur leur feuillet plusieurs tarifs sont indiqués : certains professeurs ont des tarifs plus élevés, les plus chers étant des occidentaux. La fille semble convaincue que ce qu'il me faut c'est le "301" (du nom du livre). Je repars sans être vraiment convaincu... J'assisterai demain au cours gratuit auquel j'ai droit, et j'aviserai en demandant si possible conseil aux autres étudiants.

A quelques minutes de bus d'ici, le Palais d'Eté me tend les bras en cette chaude après-midi. Ça va évidemment être la foule, mais comme je serais en cours la semaine je n'aurais guère le choix à l'avenir. Le parc étant censé fermer pas trop tard, je ne prend pas le ticket complet donnant droit aux à certaines zones réservées, en me disant que vue la proximité je reviendrais surement. En fait le parc reste "ouvert" après la fermeture, c'est-à-dire qu'ils ne mettent pas dehors ceux qui sont toujours dedans. L'entreprise serait d'ailleurs assez laborieuse vue la taille : le parc enserre en effet un lac d'une taille suffisante pour que des amiraux y fassent faire des manœuvres militaires.

De nombreux bâtiments de l'ancien palais ne sont pas en très bon état, mais si les peintures abîmées ne sont pas très esthétiques, lorsque le "traitement Dulux", comme dit le Lonely, est appliqué au moment des rénovations, les artistes ont tendances à en rajouter. On y perd donc semble-t-il en authenticité.
Dans les cours sont souvent exposés des rochers sculptés par l'érosion et le vent, et évoquant des formes poétiques (simples nuages ou animaux fantastiques). A propos de rochers, les fausses collines rocheuses étaient apparemment aussi à la mode : il s'agit de rochers aux formes aiguisées, scellés les uns sur les autres pour former des chemins (et parfois des tunnels) grimpant sur une petite colline tout aussi artificielle, au sommet de laquelle se trouve en général un kiosque en bois.

Des corridors en bois entourant les cours cloîtrées de la partie nord-est, on débouche soudainement sur le lac, qui offre une vue sur la verdure de l'autre coté du parc, et sur une île en son centre. Celle-ci est accessible par un grand pont en pierre blanche. En longeant le lac dans sa direction, je croise des apprentis artistes s'entraînant à la calligraphie sur le dallage au sol. Debout, ils utilisent un long et gros pinceau pour tracer à l'eau des idéogrammes d'une trentaine de centimètres de coté. Peut-être des œuvres de Li Bai (李白) [en], le poète le plus célèbre de Chine (VIIIe siècle, dynastie Tang) : les enfants en apprennent des centaines de poèmes pendant leur scolarité, comme on me l'expliquera par la suite (ils en récitent par cœur - sans les comprendre - avant d'avoir trois ans...).

La vue sur la partie nord au delà du lac est très agréable : la majestueuse tour de l'Encens surplombe le tout, et un long corridor couvert court sur deux ou trois cent mètres. Je l'emprunte un peu plus tard, en me rendant vers le nord du parc après avoir visité l'île. Un vent tempétueux a soufflé pendant une bonne demi-heure avant de se calmer aussi sec.

J'arrive enfin devant le bateau en marbre (!) construit par l'impératrice douairière Cixi avec les fonds initialement (et ironiquement) prévus pour renforcer la flotte militaire. A noter qu'il faut prononcer "Tseu-shi" et non à la française, ce "sh" étant à mi-chemin entre un "s" et un "ch" français - trop facile. Le "pinyin", méthode de transcription de la phonétique chinoise en caractères romains, réserve bien d'autres surprises...

Au vu de ce que j'apprends sur celle-ci, elle gagnera rapidement pour moi le surnom de "la pétasse"... Je m'explique : elle a régné à peu près pendant cinquante ans, d'abord en tant que régente au nom de son fils Tongzhi puis de son neveu Guangxu. Tous deux tenteront en vain de régner en leur nom, le second se faisant littéralement emprisonner par sa mégère de tante alors qu'il tentait de mettre en œuvre les réformes indispensables au pays en cette fin de XIXe siècle.
Particulièrement conservatrice et autoritaire, l'impératrice douairière Cixi avait également pour coutume de détourner libéralement les fonds (entre autres destinés à l'armée) pour un usage certes plus pacifique (louable dessein...). Le palais d'été a ainsi grandement profité de son règne.
Madame dépensa sans compter, pour ses fêtes d'anniversaire et autres plaisirs personnels, vidant inexorablement le trésor, et l'armée chinoise sous équipée accumulera vite les défaites humiliantes. Pour le plus grand plaisir des armées alliées franco-anglaises qui se saisiront de la Cité Interdite, pilleront les divers palais de Beijing et imposeront un traité infâmant à l'impératrice sans défense.

En clair, et je ne fais que citer la Wikipedia, Cixi et son règne despotique sont tenus pour responsables par nombre d'historiens de la chute de la dynastie Qing : pour plus de détails sur ce fort sympathique personnage, se reporter à l'article en anglais (l'article en français n'est malheureusement qu'une ébauche).
Personnellement je me demande ce que serait devenue la Chine si Cixi avait échoué et l'Empereur Guangxu avait fait prendre à son pays le train de la modernité en marche comme l'a fait avec succès le Japon à la même époque. Quel impact sur les guerres mondiales ? Le communisme se serait-il installé de la même manière ? Passionnante uchronie en perspective :-)


Dix-huit heures approchent et j'hésite à rentrer quand j'aperçois un bâtiment en hauteur dont les murs sont couverts de "carreaux" de céramique moulés en forme de bouddha en position du lotus (ou quelque chose d'approchant). Je grimpe dans sa direction et découvre à l'arrière de la tour de l'Encens un complexe de temples offrant une belle vue sur le nord de Beijing depuis leur position dominante. L'endroit a d'autant plus de charme qu'il ne reste maintenant plus grand monde. Finalement je déambule encore plus d'une heure et reviens en visitant un petit jardin coquet où je ne croise plus qu'une artiste croquant le décor et un couple de chinois se reposant.