Encore réveillé à 6h puis toutes les heures. Peut-être la lumière. Il faut dire que vu la performance du séchage d'hier, nous avons dû laisser le rideau entrouvert pour suspendre des cintres à la tringle et augmenter ainsi notre capacité d'étendage. Pas de ventilation, donc ça sent furieusement le chien mouillé. J'enfile un tee-shirt passablement humide, au moins celui-là sera vite sec.
Après un copieux petit-déjeûner de toasts et de brioches avec carrés de chocolat (reste de notre repas convenience store de la veille), nous voilà partis via la Chûô qu'on commence à bien connaître, vers la banlieue de Mitaka dans le parc de laquelle se trouve le musée. Pour aller au parc, nous longeons le canal "Tamagawa Josui", bordé de cerisiers et autres arbres fleuris du plus bel effet.
Nous avions réservé pour midi et sommes très largement en avance. Un groupe scolaire attend devant nous, heureusement ils partent à 11h15 et nous ne les croiserons pas dans le musée. Visiblement ils devaient en sortir car beaucoup d'entre eux avaient en fait le sac de la boutique en main (comme nous en sortant d'ailleurs, il n'y a pas de honte :-))
Nous admirons les fleurs un moment en attendant l'heure dite, puis entrons dans l'univers Ghibli. L'intérieur du bâtiment est plus réussi que l'extérieur dont les formes et les couleurs sont assez surprenantes. Nous débutons la visite par une salle démontrant différentes techniques d'animation mécanique, par exemple le zootrope à moteur pas à pas, qui amène devant le spectateur les différentes images constituant une animation par à-coups. Ou bien l'éclairage stroboscopique de figurines dans les différentes positions de l'animation. Cette technique est illustrée brillamment (si je puis dire) par un gros tourniquet d'un bon mètre de diamètre tournant à grande vitesse. Sur différents cercles concentriques à l'axe vertical de rotation sont disposées un grand nombre de figurines modelées pour chaque étape de l'animation. Quand le tourniquet tourne, l'éclairage stroboscopique est synchronisé sur la rotation du tourniquet pour n'éclairer les figurines que 15 fois par seconde (par exemple) de sorte à masquer leur "transport" d'une étape à l'autre. Comme l'animation tourne en boucle, on a l'impression de voir galoper le neko-bus en trois dimensions, de voir Kiki pédaler sur son vélo et divers petits animaux se balader autour de tout ça. C'est vraiment magique (bien plus réaliste que l'iMAX d'un point de vue 3D) !
Malheureusement toute photo ou vidéo étant interdite à l'intérieur du bâtiment, vous n'aurez pas droit à la vidéo qui aurait tout expliqué bien mieux qu'un long discours.
La salle présente aussi d'autres montages plus simples, le tout toujours dans le registre du féérique. Nous avons ensuite droit à une projection spécifique au musée : il s'agit aujourd'hui de "Koro no Dai Sampo" (コロの大散歩), la grande balade de Koro. C'est une petite histoire mignonne, sans plus, mais évidemment bien dessinée. Au moins la simplicité des quelques dialogues nous a permis de comprendre ce qui se disait !
A l'étage, une exposition spéciale sur le thème d'un conte russe très connu, l'histoire d'une petite fille qui se perd dans la forêt et, fatiguée, squatte illégalement la propriété d'une famille d'ours et se fait renvoyer par charter à leur retour avec une Injonction A Gentiment Rester Chez Elle A l'Avenir. Enfin je brode un peu, entre le japonais et le cyrillique nous n'avons pas pris le temps de tout décoder... Ca devait être un peu plus poétique que ça.
Une autre partie très intéressante est la reconstitution de l'atelier de création, sur le principe du diorama grandeur nature même si quelques planches viennent expliquer certains procédés comme la coloration des planches de dessin. C'est en tous cas un foisonnement de croquis, maquettes, pots de peinture, photos, storyboard, pots énormes pleins de crayons usagés, etc. Une documentation encyclopédique sur tous les aspects de la nature (végétaux, animaux, minéraux), des arts et techniques (architecture, sculpture), et de manière générale de tout ce qui peut se croquer sur une feuille de papier abonde un peu partout dans des bibliothèques, sur et sous les bureaux, chaises et autres éléments de mobilier. On y voit aussi des éléments plus personnels que liés à l'animation comme de la littérature dans différentes langues dont le français, des sachets de tisane "Nuit Calme" de "La Tisanière" et bien sûr l'indispensable café nécessaire à tout travail intellectuel nocturne et/ou matinal ;-)
Enfin pour le plaisir de nos yeux et le plaisir tout court des enfants de moins de douze ans (zut !), un neko-bus en peluche taille réelle (comprendre : 4 mètres par 2) dans laquelle s'égaient les petits japonais par tranche de 5 minutes (le tout est soigneusement surveillé par un staff d'au moins 4 personnes, pas moyen de prendre la moindre photo discrètement, arghl).
Sur le toit du bâtiment trône une statue en métal d'un robot-gardien de Laputa, taille réelle.
Nous passons par la boutique où j'achète quelques peluches que Krys me propose très aimablement de me ramener ^_^ Ainsi que l'OST de "Mimi wo sumaseba" ("Whisper of the Heart", 耳を澄ませば), une très belle histoire dont j'avais dû acheter le DVD en import car il me semble que cela n'est jamais sorti en France.
Nous repartons à regret, mangeons dans le parc, puis de retour à l'hotel cherchons à voir du sumo sur Tôkyô. Mais peine perdue, il y avait juste un combat le week-end dernier, sinon la saison commence en mai, dommage.
Repas mexicain le soir, j'ai droit à une enchiladas copieusement recouverte de fromage fondu. Le cuistot lui est cubain, le mec qui nous sert discute en espagnol avec Krys, il veut nous faire cadeau de bières pendant qu'une erreur de 1000 yens se glisse dans l'addition. La rectification est prompte et j'ai même l'impression qu'il nous fait 5% : on va leur laisser le bénéfice du doute.
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