Départ à regret de ce très sympathique hotel de Beppu. J'avais réservé hier pour deux nuits à l'auberge de jeunesse de Aso, et une nuit à Kumamoto. Départ par le bus de 8h20. Sur le plateau à 30 minutes de Beppu, un parc d'attraction dénote au milieu des forêts et prairies avec grande roue et montagnes russes.
En route je tombe encore sur un truc inédit (ben oui faut bien se lester l'estomac dans les virages de montagne) : un beignet de racine de lotus copieusement fourré de moutardes. Ca monte au nez mais le moins qu'on puisse dire c'est que c'est relevé. Le chauffeur a l'air étonné que j'apprécie, serais-ce un bizuthage pour touristes ? ;-)A Kurokawa il n'y a pas de consigne assez grosse pour mon sac, donc je le trimballe jusqu'à un établissement de bain qui a la côte dans le Lonely. Après les virages de ce matin j'ai bien envie de me tremper tranquillement. L'établissement est vraiment très pittoresque : je me relaxe tout d'abord dans un bain bien chaud situé dans des grottes ! L'établissement est en effet à flanc de falaise, et je vais ensuite dans le bain extérieur qui donne sur la rivière. Dans les grottes, les bains masculins et féminins communiquement seulement par une petite fenêtre en hauteur.
Je discute avec un jeune japonais, nous parlons de mon trajet, je mentionne le musée Ghibli et nous voilà parti sur l'animation japonaise. Il me dit qu'il est content de voir que la culture Japonaise est appréciée aussi à l'extérieur grâce à l'animation. C'est vrai que, conçu à l'intention des japonais, ils représentent une fenêtre sur cette culture. Combien de fois Naruto va-t-il se baigner dans un établissement exactement similaire à celui-ci ? Ou celui de jeudi avec ses palissades en bois séparant les bains des hommes et des femmes ?
Je finis ensuite mes restes du Tokiwa, et me paie quelques grosses fraises tellement propres et luisantes qu'on pourrait les croire en plastique.
En attendant le bus, une fois la batterie épuisée, je squatte honteusement une prise électrique, assis par terre, à l'extérieur de l'office du tourisme, d'où je viens de taper cet article et les quelques derniers que j'avais en retard.
En entamant la descente, la vue est vraiment saisissante : la route doit descendre la falaise, exploit obtenu après moultes contorsions, et comme le temps est très dégagé, on a un bel aperçu des volcans actuels et des villes et campagnes qui les entourent, qui semblent représentés sur une grande toile peinte loin en contrebas.
A l'arrêt du bus devant la gare d'Aso, un couple très bien habillé en descend devant moi. Madame se tourne vers moi et me demande de quel pays je viens, puis d'emblée me met un sachet de bonbons dans les mains avec un grand sourire ! Je proteste joyeusement, sachant que c'est peine perdue, et déjà ils s'éloignent en me souhaitant un bon voyage. Décidémment ces japonais m'épatent.
Vingt bonnes minutes me séparent de l'auberge de jeunesse, c'est à peu près tout ce que je peux supporter avec ce sac décidémment trop lourd, car la route monte un peu. J'espère que je pourrai travailler le chinois, au moins je n'aurais pas trimballé ces dictionnaires pour rien ^_^
A l'auberge de jeunesse une chambre de huit, déjà occupée par trois anglais (dont deux que j'ai justement croisés en montant), et bientôt rejointe par un japonais. Direction la gare à nouveau, car s'il semble y avoir des restaurants, il ne doit pas y en avoir beaucoup ouverts après 19h. Je croise à nouveau les deux anglais que je retrouverai plus tard dans notre chambre, et leur demande s'ils ont repéré des restaurants, car je n'ai rien vu pour l'instant, même si manifestement eux sortent du Lawson Station local. Il me disent qu'il y en a un à la gare, mais il est fermé alors je remonte vers un truc de cuisine pseudo-occidentale quand je tombe sur une salutaire petite gargotte de râmen tenue par un couple de petits vieux.
Je m'installe au bar et demande d'emblée un "châmen", histoire d'avoir l'air du connaisseur qui n'a pas besoin du menu sous-titré en anglais ;-) Pas de bol le nom des plats est de toutes façons traduit au dessus du bar : râmen standard, miso-râmen (à la pâte de graines de soja), shio-râmen (shio = le sel), et châmen. Ce dernier contient moins de bouillon que les autres mais un tas de légumes.
C'est bon et copieux, pour la modique somme de 500 yens (3 euros), tandis que les autres sont à 400 yens (2.3 euros), je me demande comment ils vivent avec ça. Il y a aussi des "oden", éléments cuits au bouillon : des tranches de ces radis de plusieurs kilos qui une fois coupés ressemblent fort à du navet, des boulettes de viande, des trucs noirs, visqueux et pas très tendres que j'ai déjà essayé cette année, oeufs durs, bouts d'omelette (?).Quelques heures de Crayon Shinchan s'ensuivent. Pas si simple que ça, une partie des dialogues utilisant des tournures assez argotiques que je n'arrive pas à rapprocher formellement d'une tournure connue, mais dans la grande majorité des cas le contexte permet de comprendre le sens. Juste que je ne risque pas de les retenir dans ces conditions.
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