Petit-déjeûner de brioche et confiture de myrtilles, achetés la veille au Lawson en plus d'un yaourt à boire à la myrtille aussi (tiens donc). Je regarde les horaires des bus : le premier quitte la gare trois minutes avant l'ouverture du TIC, le second 55 minutes plus tard... C'est naze.
Je questionne deux personnes qui partent en rando : ils ont le plan détaillé. J'en prend deux photos et ils m'expliquent un peu les circuits. L'auberge a aussi un plan simplifié que je n'avais pas vu la veille. Ce n'est pas si compliqué, et de plus le volcan actif est fermé pour cause de gaz toxiques, ce qui limite pas mal. Je constate aussi qu'on peut monter par une chemin peu fréquenté, alors que sur le Lonely j'avais l'impression qu'on était obligé de suivre la route. Du coup ça devient intéressant à faire à pied.
Sans perdre plus de temps, je me mets en route avec pour tous vivres ma brioche et ma confiture (et des bonbons !). Il y a un grand musée en haut, il y aura forcément de quoi grignoter.
Le chemin commence en forêt avant de rejoindre la route, mais peu après il s'en sépare à nouveau pour traverser d'abord des pâturages bovins d'où j'ai une bonne vue sur les massifs montagneux. Ma carte simplifiée annonce 2h de marche, le premier panneau 13km et 200 mètres plus loin un autre surenchérit à 15km. Au moment d'entrer chez les vaches, deux kilomètres plus loin à tout casser, un panneau plus raisonnable donne 7km... Les distances sont très flexibles. Déjà avant d'arriver à l'auberge de jeunesse un panneau annonçait 500 mètres, alors qu'en comptant mes pas en revenant du restaurant je suis arrivé à environ 500. Vu la montée je ne faisais certainement pas des pas de un mètre !
Finalement j'arrive en haut au bout d'une heure et demi au total. Je me dirige vers le musée, qui est effectivement complété d'un vaste parking où stationnent déjà les bus de plusieurs groupes. Des magasins de souvenirs et des restaurants mais ceux-ci ne sont pas encore en service. Quasiment rien à emporter, donc je me contenterai de quelques mochi au haricot rouge et je prend une sorte de pâte de fruit à la myrtille (qui a dit fixation ?).
J'entame la montée en escalier d'un sommet proche, le Kijima Dake, duquel on a une bonne vue sur le petit Kome Zuka, qui a une forme parfaite de mini-volcan comme en dessinerait un enfant. En chemin je croise le même mec que j'avais vu à Kanazawa (et qui a bêtement raté un verre de saké parce qu'il regardait ailleurs ;-)). Plus haut je rejoins Stéphane, un français expatrié à Münich et son amie Nadia, allemande. Nous conversons un bon moment (elle parle aussi très bien français) au sujet de nos voyages, de notre travail (Stéphane travaille comme examinateur spécialisé dans l'optique, au bureau européen des brevets à Münich, Nadia dans le marketing chez Disney - si je ne m'abuse), de la langue japonaise qu'ils ont commencé à apprendre, et de ce fichu Naka Dake qui pourrait bien réouvrir si seulement le vent tournait.
Avec tout ça justement nous sommes descendus du Kijima Dake et sommes allés jusqu'au pied du téléphérique qui emmène habituellement les clients paresseux jusqu'au bord du cratère du volcan. Sans surprise, toujours fermé. Tant pis. Nous nous séparons, eux vont faire le tour d'un autre sommet et redescendre à pied, moi je suis déjà monté à pied et j'ai un peu mal à la hanche gauche, donc je vais redescendre en bus jusqu'à la gare, aller deux stations plus à l'est et essayer de m'approcher du Neko Dake dont les pics acérés m'avaient paru photogéniques.
Aussitôt dit aussitôt fait, je m'approvisionne au Daily Yamazaki de ma gare d'arrivée car les deux mochi ne feront pas long feu dans mon estomac. Je marche au hasard sur une route qui va dans le bon sens (le TIC était encore fermé, parce qu'on est dimanche je suppose, donc toujours pas de carte). De toutes façons difficile de me perdre avec tous ces points de repère volcaniques autour de moi.
Je rejoins justement par hasard le chemin qui monte vers le Neko Dake, sachant que sans bus pour m'en approcher je ne pourrai pas aller jusqu'en haut. Je marche dans la forêt 3/4h avant d'arriver à un endroit dégagé sur le Naka Dake mais surtout un superbe panorama sur le Taka Dake, le plus haut des sommets. De ce coté-ci de la vallée-cratère, il apparaît sous un manteau de verdure contrastant avec la végétation jaunie de la montée de ce matin. A son pied, des pâturages eux aussi bien vert et peuplés là aussi de vaches marron clair. Je m'arrête sur un banc qui arrive fort à propos et mange devant ce panorama de carte postale. Une sorte de bâtiment religieux (?) bien blanc à mi-pente du Taka Dake se distingue dans le paysage.
Je reprend la route, il y a quelques maisons récentes et coquettes avec des jardins bien entretenus, mais il n'y a pas grand monde. Plus loin je croise quelqu'un qui me demande si je vais camper. Je lui répond que non, mais que je ne vais pas jusqu'au Neko Dake car c'est trop loin, que je reviendrai plus tard. Il veut m'offrir un mochi mais je le remercie car j'ai bien mangé.
Je monte jusqu'à un point de vue aménagé où l'on voit toujours aussi bien le Taka Dake, ainsi que les falaises verdoyantes sur le bord est du cratère. Je me balade un peu dans la forêt en prenant quelques photos de végétaux avant de revenir vers la gare. De retour à Aso, il est 18h, l'heure du dîner dans ces contrées, donc je retourne chez mes sympathiques cuisiniers de râmen qui se lèvent en sursaut devant l'arrivée de leur premier client (visiblement). Miso râmen et oden, puis vingt dernières minutes de marche de cette fatigante journée (difficile de se fier aux panneaux, mais j'ai dû faire une quinzaine de kilomètres) avant un bain bien mérité.
J'essaie les bonbons d'hier en tapotant sur l'ordinateur : ils se finissent de manière surprenant sur un goût salé !
Demain si Naka Dake est ouvert j'y retournerai peut-être (fonction de mes jambes), mais dans tous les cas je vais dormir sur Kumamoto, à environ une heure de train de là, où j'espère trouver un cyber-café et avec pas mal de chance une réponse positive à mon mail pour les cours de chinois.
Je viens de constater de jolis coups de soleil dans le cou. Sur le visage bizarrement ça a l'air d'aller. C'est vrai que je n'ai pas fait attention au soleil avec le vent qu'il faisait, moi qui suis vigilant d'habitude. C'est Nadia qui m'a heureusement conseillé de mettre de la crème en descendant du Kijima Dake, j'étais peut-être déjà rouge à ce moment-là !
20/04/2008
Dimanche 20 - Aso-san
par
Ghislain Cottat
à
00:00
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