21/04/2008

Lundi 21 - Naka Dake !

Ce matin départ prévu de l'auberge de Aso. Après avoir bien dormi je constate que le bus de 10h17 n'est suivi que de très loin par le suivant, donc je me dépêche d'emballer mes affaires pour aller à l'arrêt de bus. Malgré plusieurs minutes d'avance, il semble pourtant que je l'aie raté ! Il s'agissait peut-être de l'horaire d'arrivée à la gare...

Toujours est-il que je reviens vers l'auberge pour prendre un plan de Kumamoto, ville où je me rends justement aujourd'hui, plan que j'avais repéré dans l'entrée. La gérante est au téléphone et, interrompant sa conversation, elle m'annonce toute joyeuse : "ah, naka dake, volcano, open !". Cool, le cratère a été réouvert aux visites ! Je rapatrie mon gros sac dans l'entrée et vais finalement attendre le bus dans l'autre sens (non je ne remonte pas à pied...). Deux Bordelais qui logeaient aussi à l'auberge me rejoignent, et nous échangeons dans le bus. Pour une fois c'est moi qui fait petit joueur avec mes cinq mois de voyage : eux seront partis pour un total de sept mois, ils ont déjà passé un mois en Thaïlande et un autre je ne sais plus où, et ont aussi un mois à Bali puis trois mois en Amérique du sud à leur programme. Ils me racontent qu'ils ont rencontré vendredi un couple japonais dans un bar à Kumamoto dont le mari était absolument fan de vins et leur a cité bon nombre de crus du pays, très côtés, qu'eux-mêmes n'espèrent pas goûter un jour à part en rêve ! Du coup il leur propose de les emmener à Aso le lendemain, et les balade un peu dans la région et les invite même au restaurant ! Épatés, ils lui laissent bien sûr leur coordonnées pour le jour où il viendrait en France.
Ils s'arrêtent en haut pour manger car ils n'avaient pas de petit-déjeuner, donc comme je ne veux pas partir trop tard pour Kumamoto je veux commencer de suite la visite. Mais on me refoule à l'entrée de la route ! Serait-ce encore fermé ? Je retourne voir l'affichage, on ne peut vraiment pas dire que ce soit clair, mais au bout d'un moment je comprend que le cratère est bien ouvert aux visites "avec restrictions" : le sentier s'approchant trop près est condamné, mais on doit pouvoir aller sur l'autre point de vue.

Je tourne et vire un moment sur le parking à la recherche de cet autre chemin. La barrière est toujours abaissée sur la seule route que je voie. Je demande à plusieurs personnes guère mieux orientées que moi, finalement je me retrouve au guichet du téléphérique. Oui c'est ouvert, oui on peut monter... Certes, mais par où ! Mais voyons c'est évident, par la route là entre les deux bâtiments ! Elle doit me prendre pour un imbécile... Je redescend, ah mais oui ça y est la route est ouverte !
Je m'y engage avant qu'ils ne changent d'avis, et vingt petites minutes de marche plus tard, j'arrive sur un premier cratère à peu près inactif, avec de jolis dégradés rocheux. Un japonais me propose de me prendre en photo avec mon appareil devant le gouffre, pourquoi pas. Je ne fais pas le "V" de la victoire qu'ils arborent systématiquement sur leurs photos de groupe, je m'attendais presque à ce qu'il attende que je le fasse pour prendre la photo voire qu'il me la refuse, "ah mais mon bon monsieur c'est pas règlementaire une photo sans V" ! Non tout va bien, il me demande de vérifier que c'est correct, je confirme et le remercie, et il me conseille d'aller voir le gros cratère. Un peu mon neveu, c'est quand même pour ça que je suis venu !

Je retrouve justement mes deux Bordelais, et nous montons au bord du véritable cratère. Il contient un petit lac d'acide sulfurique vert presque fluorescent, c'est assez impressionnant, je ne crois pas en avoir déjà vu à vrai dire. Il s'en dégage une fumée agressive, nous comprenons pourquoi l'accès au cratère dépend uniquement de la direction du vent. Les quelques volutes qui nous parviennent nous irritent déjà les sinus et les bronches. Le temps de faire quelques photos, le vent tourne un peu et nous refluons en vitesse un peu plus bas. Nous voulons tenter la balade par l'est jusqu'au Taka Dake que j'ai vu hier dans l'après-midi, et eux descendraient ensuite à pied jusqu'à la gare de Miyaji que j'ai également empruntée hier. Pour ma part j'ai assez tricoté hier, j'envisage juste de les accompagner jusqu'au Taka Dake puis redescendre en bus.
En fait nous nous engageons sur un chemin d'abord très bien balisé mais qui se perd de suite dans le paysage lunaire qui entoure le cratère. De plus nous sommes sous le vent par rapport au cratère, et nous commençons à tousser. La voix de la raison nous remet immédiatement sur le chemin du retour, d'ailleurs ma hanche me taquine donc finalement l'ascension ne me tente que moyennement. J'ai vu ce que je voulais voir.

Nous nous séparons donc, eux vont faire à l'envers la balade que j'ai faite hier matin autour de Kijima puis descente à pied sur l'hôtel, ça vaut déjà largement le coup. Je prend le bus, à l'auberge de jeunesse le chauffeur attend pour repartir que moi et deux autres touristes attrapions nos gros sacs en passant, car le prochain bus doit être dans 1h30. Gare, train pour Kumamoto, qui à un moment donné descend une pente abrupte de manière pendulaire (un coup dans un sens, changement d'aiguillage, un coup dans l'autre), comme pour entrer ou sortir de la cuvette de Cuzco vers Aguas Calientes il y a trois ans.

A Kumamoto je tourne un moment en vain dans le pâté de maison supposé abriter le Youth Hostel. Comme le ferait n'importe quel japonais étant donné l'absence de noms de rues et de numéros de bâtiment, je m'adresse donc au koban (poste de police de quartier) le plus proche, qui me griffonne un plan. C'est bien dans le coin mais un peu plus loin que ce qui indiqué sur le Lonely. Ouf, affaires déposées je file en tram au NTT Plaza où il y a internet gratuit jusqu'à 18h30. Je n'arrive pas à me connecter sur mon compte Google, page refusée. Les cookies seraient-ils refusés ? Je commence à trifouiller les paramètres d'Internet Explorer, bizarrement il n'y a aucune restriction, les cookies sont acceptés mais finalement je constate qu'un petit rigolo a désactivé le protocole sécurisé. Ça y est ça marche. Dix minutes de perdues, d'autant que finalement ça ferme à 17h30 donc assez vite une charmante personne prend sur elle d'oser m'interrompre pour m'expliquer très gentiment que je suis évidemment le très-bienvenu, mais de préférence pendant les horaires d'ouverture, merci :-)
J'ai en tous cas eu le temps de constater l'absence de réponse de Global Exchange pour mes cours de chinois [idem aujourd'hui mardi]. Ça s'annonce mal, il va falloir que je retourne sur internet chercher un plan de secours. Je n'ai pas trop regardé ce qu'il y avait à Shanghai, parce que ce sera à l'époque de la mousson, mais ça vaut peut-être le coup.

Je publierai en vitesse mes articles demain, mais ça empiètera sur mes heures de visite donc je me paierai peut-être quand même deux heures d'internet dans un cybercafé, il y en a un ouvert 24/7 pas loin de l'auberge de jeunesse. Ça m'évitera de passer comme ce soir du temps à me remplir le ventre plus que de raison au restau puis de prendre une glace au glacier-chocolatier "suisse" du coin :-)

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