Lever difficile vers 8h30 (douche + bain à 43°C s'il vous plait), et départ pour Miyajima-guchi dans un omnibus qui se traîne passablement. Dix minutes de ferry plus tard, nous débarquons. L'île est une des attractions les plus célèbres au Japon pour le grand Tori qui en glorifie l'entrée, une centaine de mètres devant le temple principal de l'île. Autrefois réservée aux moines, les pèlerins ne pouvaient aborder le temple que par la mer à marée haute, en passant sous le Tori rouge.
La marée est presque au plus bas, on se promène un peu dans la ville avant de revenir sur le Tori une fois la marée au plus bas. On peut aller jusqu'à ses pieds sans mouiller les siens, ou presque, et même le prendre en photo de derrière grâce à une langue de sable pas forcément tout à fait naturelle. La foule continue qui s'engouffre dans le temple d'un coté pour en ressortir de l'autre ne nous incite pas trop à y entrer à notre tour, alors nous nous dirigeons vers un restaurant avant d'entamer l'ascension des sommets de l'île, situés entre 400 et 500 mètres au dessus de la vase. La marée devrait être haute vers 18h, avant de reprendre le ferry.
Une fois calé par un grand bol de riz surmonté par une huitaine de succulentes huitres cuites dans de l'œuf, j'emboîte le pas à Krys qui mène un train d'enfer sur le chemin abrupt. Le panorama sur la baie d'Hiroshima et les îles qui la peuplent est très brumeux mais ça nous a fait une bonne marche dans la nature, et par un chemin peu fréquenté puisque les touristes autochtones débarquent directement au sommet en chaussures à talons, mocassins ou sandales grâce au téléphérique.
Retour en bas, il est un peu tôt donc nous passons un peu le temps en traînant dans l'arcade commerçante, puis en montant jusqu'au temple érigé par Toyotomi Hideyoshi et la pagode rouge vif de cinq étages adjacente.
Enfin le soleil n'est pas loin de se coucher, l'eau atteint le temple mais difficile de croire qu'une barque pourrait y accoster. Les sédiments se sont peut-être un peu trop déposés depuis l'époque ?
Ici les daims sont en liberté, comme à Nara, mais ils semblent affamés car ils vont jusqu'à brouter les brochures (sans en laisser une miette !) quand un touriste a le malheur de croire que l'animal s'approche de lui avec des intentions pacifiques... D'ailleurs l'un d'eux semble justement intéressé par mon carnet, méfiance.
Ceux croisés en montagne avaient quand même l'air plus en forme, avec en particulier un pelage en bien meilleur état car moins caressé par les pattes sales des touristes.
Le vent se lève et j'ai un coup de barre, tandis que Krys se les pèle sérieusement. Nous regardons le soleil se coucher derrière le Tori, puis nous décidons finalement de rentrer. Tant pis pour les éclairages nocturnes.
A la gare d'Hiroshima pas envie d'aller plus loin d'autant qu'un étage entier est, comme souvent, dédié à la restauration. On y trouve vraiment de tout, sauf pour le coup des okonomiyaki : sushis et sashimis, udon, soba, poisson grillé, friture de poisson, croquettes et tempura diverses, takoyaki, yakitori, katsudon et autres donburi, gyoza, spécialités à base d'huîtres (gratinées, fraîches, aux épinards, en donburi, etc.), et j'en passe (steaks, pizzas, pasta...). On entre dans le genre de restaurant qui fait plein de petits plats pour tous les goûts (et toutes les bourses) et où on commande au fur et à mesure du repas jusqu'à plus faim. Pour ma part huîtres gratinées en entrée, suivies d'un "jumbo takoyaki", à savoir 5 boules de pâtes à chou fourrées au poulpe. J'essaie aussi une spécialité à base d'omelette, lard, poulpe râpé et nattou avec une sauce comme celle des okonomi. Un régal pour 15 euros par personne !
Après ces émotions culinaires la TV nous passe en guise de dessert les aventures de super cuistots défendant leur rue commerçante ("shôtengai") contre des ennemis tous plus déjantés les uns que les autres. Le héros se bat avec sa grande louche métallique à noodles, qui lui permet de parer et renvoyer certains coups de ses adversaires, tandis que sa grande bassine métallique le protège contre les coups les plus puissants (plutôt que de les esquiver comme le voudrait le bon sens). La TV japonaise ne passant visiblement pas ou peu de films sur les chaînes gratuites, on y trouve toutes de sortes d'émission pas forcément d'un grand niveau culturel mais toujours très étonnantes...
02/04/2008
Mercredi 2 - Miyajima
par
Ghislain Cottat
à
00:00
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