Départ du Blue Backpackers Hostel ce matin, la gérante passe un coup de fil pour moi à l'auberge que je vise à Gyeongju et me confirme la disponibilité d'une chambre. Dans le métro, des collégiennes m'abordent, l'une d'entre elles plus entreprenante que les autres aligne quelques mots d'anglais pour entamer un semblant de conversation. Une autre m'offre des biscuits faits maison. Elles sont impressionnées par la taille de mes bagages, je ressemble un peu à une tortue avec tout ça.
Un peu plus tard un gringalet passablement givré fait semblant d'avoir une conversation téléphonique en japonais, va et vient de manière erratique dans le wagon en s'en prenant à une pauvre bonne femme qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Un Coréen vient se mettre entre lui et la femme (qui essayait en vain de changer de siège pour s'éloigner de l'autre), pour inciter l'excité à se calmer, quitte à montrer le poing. Il faudra qu'un deuxième intervienne un peu plus tard pour qu'il quitte finalement le train, au soulagement de tout le monde.
Enfin j'arrive au bout de la ligne de métro, où se trouve la gare de bus longue distance. Pour 4000 Won, soit moins de 3 euros, j'embarque dans un bus grand confort pour une heure et quelques de route jusqu'à Gyeongju. Les sièges en cuir bordeaux, trois par rangée seulement, peuvent s'incliner et sont munis d'un repose-pied également réglable. Un casque à brancher sur l'accoudoir permet d'avoir le son si on veut profiter de la TV, qui est calée sur une chaîne diffusant en haute résolution une sorte d'opéra coréen.
L'hôtel est près du terminal, heureusement car il fait une chaleur écrasante. Le gérant est très accueillant, j'ai droit à une chambre simple d'une forme bizarre avec un matelas par terre et soixante centimètres de rabe entre lui et le mur. C'est propre et avoir un espace privé après les dortoirs successifs où j'ai logé depuis Kagoshima n'est pas pour me déplaire.Je pars pour Bulguksa sur les conseils de mon hôte, où je me fond à la foule braillarde qui déambule dans ce site classé au patrimoine de l'UNESCO en ce samedi après-midi. En dehors de l'arrangement en terrasses des différents temples, je ne vois rien de vraiment exceptionnel à ce temple et ses deux fameuses pagodes de pierre. Je ne suis peut-être pas dans le bon état d'esprit, et l'importance de l'endroit est liée à des raisons historiques qui me dépassent un peu. Comme les photos sont "interdites à l'intérieur", certains photographient les salles depuis le palier...
Pour échapper au flot de pèlerins, je prend le chemin qui monte vers la grotte de Seokguram et m'offre ainsi trois kilomètres de marche dans une ambiance plus tranquille, au milieu de la forêt et de sa faune (différents oiseaux et un tas d'écureuils). Je parviens à l'entrée du site dont j'entends le parking avant de le voir. Une énorme cloche trône sous un pavillon sur la crête, mais la grotte elle-même est quelques centaines de mètres plus loin. Les statues de Bouddha et de ses disciples sont protégées par une vitre devant laquelle un tas de monde défile. Il est difficile de les observer en détail, ce qui bien dommage car, à l'abri des intempéries, on a du mal à croire que plus d'un millénaire a passé depuis que les sculpteurs ont taillé la roche avec une telle harmonie dans les traits.Je trotte jusqu'en bas pour reprendre le bus (ces deux sites sont situés à une quinzaine de kilomètres de la ville), et suis abordé par deux charmantes Coréennes qui discutent dix minutes puis prennent des photos avec moi comme si on était cul et chemise. Elles montent finalement dans un taxi, et je les recroise plus tard : au moment où je descend au lac Bolmun, après avoir parlé dans le bus à une Ecossaise qui enseigne l'anglais en Corée, les deux filles montent dans le bus (!).
Autour du lac, un complexe touristique parfaitement inintéressant : grands hôtels, parc d'attraction, location de motos et de quads électriques. Mais pour égayer tout ce monde, un spectacle assez traditionnel (pour ce que je peux en juger) est donné plusieurs fois par semaine du printemps à l'automne, en plein air.
Le présentateur et sa speakerine sont d'une élégance de mandarins, ils nous accueillent et annoncent le programme en quatre langues (coréen, anglais, japonais, chinois).
Au programme : numéro de tambours, plusieurs danses (rien à voir avec le rythme lent des geishas japonaises), dont l'une très réussie avec des éventails, un numéro de pitre.
Pour revenir, je me fie au fait que l'hôtel est à coté du terminal de bus : comme la très grande majorité des lignes y finissent leur course, j'ai peu de chance de me tromper. Je suis quand même le trajet sur le plan, et arrive sans encombre à destination.
03/05/2008
Samedi 3 - Bulguksa et le lac Bomun
par
Ghislain Cottat
à
00:00
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