Ce matin j'avais espéré avoir un meilleur taux de change dans les banques qu'hier au terminal de ferry, mais c'était oublier qu'on était le premier mai... Même si cela n'est pas indiqué dans le Lonely, cela doit être un jour férié ici aussi car les banques sont fermées. Heureusement celle dont je voulais utiliser les services est à coté du port; et comme il y a des ferries tous les jours, le bureau de change doit y être ouvert. C'est le cas et j'en repars avec liasse de billets. En effet de même qu'au Japon le plus gros billet est de 10000, sauf qu'il faut en gros 10 Won pour faire un Yen...
Il fait beau et comme je suis en forme, direction le nord de la ville pour une grande balade dans un parc montagneux qui abritait autrefois une forteresse dont les murailles faisaient tout de même dans les 17km ! Aujourd'hui il ne reste rien de très impressionnant, mais la balade sur la crête offre de beaux points de vue sur la ville de Busan qui s'étend de chaque coté.
Je commence en fait par la visite du temple de Beomeosa, qui est décoré d'une foultitude de petites lanternes de couleur, peut-être pour le 1er mai ou bien pour le week-end des 3 et 4 mai qui, il me semble, devrait être festif. Ça doit être portes ouvertes car je ne paie pas d'entrée, au contraire, une charmante dame offre un verre de thé aux visiteurs à l'entrée. Ce que j'ai appelé "temple", comme toujours, est en fait un complexe de temples (la structure classique d'un "temple" bouddhiste) comprend il me semble 17 bâtiments). Le portail et ses quatre gardiens traditionnels sont très colorés, et les escaliers qui montent vers les bâtiments principaux sont entourés de murets de pierre derrière lesquelles poussent des bambous. On se croirait dans "Tigre et Dragon" !
Les autres bâtiments sont ou étaient aussi colorés, car tous ne sont pas aussi bien restaurés. De nombreux pèlerins sont en prosternation dans les temples principaux. Je vois qu'on peut aussi y loger si l'on veut : plusieurs temples font cela en Corée. Ce n'est pas du tout une guesthouse mais bien une retraite bouddhiste, car il faut participer à la vie du temple : lever à 4h du matin pour les prières, corvées ménagères, etc.
Alors que je crois en avoir fini, un peu plus haut d'autres bâtiments dans une cour gazonnée.Je prend le chemin vers la Porte Nord, il est large et bien entretenu, par endroit délimité par des cordes tendues entre les arbres ! Par contre ici il s'agit d'un "vrai" chemin de montagne, où l'on marche dans les rochers, et non un chemin bétonné comme on en voit trop au Japon ou en Chine. J'apprends dans le guide que les Coréens sont très amateurs de randonnée, et que le pays est donc très bien équipé en chemins de montagne de qualité, plans de rando, refuges, etc. D'ailleurs j'en croise beaucoup aujourd'hui, ils sont équipés très sérieusement même pour cette marche pas spécialement difficile : bâtons de marche en plastique avec poignée ergonomique, sac de rando, casquette avec rabats pour éviter les coups de soleil sur la nuque. Certains ont un transistor allumé pendant qu'ils marchent pour s'accompagner d'un peu de musique.
Après la Porte Nord, le chemin monte plus raisonnablement puis suit la crête jusqu'à la Porte Est. Pas mal de monde pique-nique ici et là. La suite est assez monotone jusqu'à la porte Sud. Un détour doit m'amener vers un autre temple digne d'intérêt. Il me fait passer par une sorte de village de vacances sportif, au milieu de la forêt, en redescendant sur la ville. Là aussi beaucoup de monde a visiblement bien mangé et bien bu, et tente de faire amende honorable en s'adonnant à des jeux collectifs festifs. J'assiste par exemple à une course dans laquelle deux équipes, chacune constituée d'une dizaine de "tandems", s'affrontent en vitesse. Les deux membres d'un tandem sont attachés par un pied, ils doivent courir une vingtaine de mètres vers une table où se trouve un plat, chacun doit y manger quelque chose avec la bouche, puis revenir au pas de course vers le point de départ. De grands cris et applaudissements félicitent bien entendu l'équipe gagnante.Je poursuis le chemin qui descend rudement, pour tomber sur une route qui monte sévèrement... Je commence à fatiguer mais le temple promis se profile finalement. Il est quasiment désert. Entre deux pans rocheux de plusieurs mètres de haut se trouve un autel en plein air. Un Coréen s'y prosterne justement, sous les regards, qui bienveillant, qui sévère, des divinités de taille surhumaine sculptées sur les murs naturels de chaque coté. D'autres autels plus petits sont engoncés là-dedans, l'un dans une petite grotte, l'autre dans la crevasse formée par la jonction des deux rocs.
Enfin dernier effort de marche à pied jusqu'à la station de métro la plus proche, quelques deux kilomètres plus bas. Visant un restaurant conseillé par le Lonely, je m'arrête au centre commercial Lotte, qui n'a rien à envier à ses homologues japonais de Fukuoka ou d'ailleurs, avec boutiques de luxe, étages pleins de restaurants et tout le toutim. Je monte jusqu'aux cinémas du 10ème étage, mais évidemment les seuls films en anglais sont des films américains, donc cela n'a pas grand intérêt. Je n'ai certes pas demandé, mais il est peu probable qu'ils projettent les films coréens avec un sous-titrage anglais.
Après avoir tournicoté un peu autour du Lotte, je trouve finalement le restaurant devant lequel j'étais pourtant déjà passé mais sans l'identifier, et je commande l'une des spécialités.
Entre parenthèses hier, après m'être installé à l'hôtel, j'étais descendu dans un restaurant au hasard, et j'avais commandé de manière tout aussi pifométrique. La cuisinière m'avait fait des signes que j'avais cru pouvoir interpréter comme une abondance de piment dans le plat, d'apparence pourtant laiteuse sur la photo. En fait pas du tout, il s'agissait d'une question d'abondance tout court : l'assiette qu'elle m'amène est énorme, mais heureusement je n'avais pris qu'un casse-croûte frugal pour le ferry, donc je n'ai pas eu de mal à la finir.
Eh bien là encore je me retrouve avec non pas une assiette mais un véritable plat, rempli de viande de porc cuite en beignets dans un bon demi-litre d'une sauce gélatineuse aigre-douce. Le tout à tremper dans une sauce salée et pimentée à son goût, pour compléter la palette de saveurs. On ne peut pas dire que ce soit d'une grande finesse, mais c'est bon et comme j'avais juste emmené de quoi faire un petit déj' en route ce matin, pensant à tort trouver un complément d'approvisionnement avant la marche, j'avais comme qui dirait une sainte dalle après mes douze kilomètres !
01/05/2008
Jeudi 1er - Beomeosa et la forteresse Geumjeong
par
Ghislain Cottat
à
23:59
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