07/05/2008

Interlude : prononciation coréenne

Comme je l'ai probablement mentionné dans un article précédent, l'alphabet coréen ("Hangul") est relativement simple, en particulier pour une langue asiatique ;-)

A noter pour ceux qui seraient tombés sur cet article via un moteur de recherche : je suis tout l'opposé d'un expert en Coréen ou en linguistique, ce qui suit n'est qu'un recueil de premières impressions sur l'apprentissage de cette langue. Pour un avis plus éclairé, voici la page que j'ai utilisée pour apprendre des notions de cette langue.

La prononciation est moins aisée qu'en japonais, mais reste tout à fait abordable pour un français :


  • Pas de tons montants ou descendants comme dans tant d'autres langues asiatiques (japonais excepté),

  • Quelques consonances supplémentaires mais sans difficulté insurmontable. Le problème est que le "b" est en fait à mi-chemin entre "b" et "p", le "p" est plus prononcé qu'en français, et il existe aussi des "pp" (idem avec les couples usuels d/t, g/k, dj/tch). Pas plus de "r" qu'en japonais : il se prononce aussi entre le "l" français et un "l" un peu claqué sur le palais, selon les cas. Liste des consonnes initiales (à ma sauce) : h, d, dd, t, tt, m, n, dj, ddj, tch, ttch, b, bb, p, pp, g, gg, k, kk, s, ss, l, ll. En position finale, on a les mêmes mais en plus le symbole indiquant l'absence de consonne, lorsqu'il est en position initiale, devient une nasalisation ("ng", frottement de l'arrière de la langue sur le palais).

  • Moins de voyelles qu'en français : a, o ouvert (comme dans "encore"), o fermé (comme dans "numéro"), i, eu, ou, é, è. J'ai l'impression que la distinction entre certaines, comme "o ouvert" ou "o fermé", est plus importante qu'en français. Sans certitude, car il existe aussi des accents locaux qui altèrent la prononciation (l'accent de Busan est parait-il un cas dans son genre). En tous cas l'avantage par rapport à l'alphabet romain est que le caractère est différent, ce qui lève théoriquement toute ambigüité. Il est possible d'avoir des "ya", "yo", etc. Enfantin : c'est le même caractère que la voyelle seule, mais avec un petit trait en plus à un endroit tout à fait évident, aucun effort de mémorisation.


Le script coréen consiste en fait à mettre dans un petit carré une combinaison de signes de bases. Le résultat a donc l'air compliqué vu qu'il y a un grand nombre de combinaisons possibles, mais il suffit en fait de connaître les vingt et quelques symboles de base pour décomposer n'importe quelle syllabe et obtenir sa prononciation.
En fait non je triche : il y a des règles altérant la prononciation lorsque plusieurs syllabes sont accolées pour faire un mot. Je pense qu'elles relèvent toutes d'un même phénomène bien connu des linguistes (la "lénition" je crois ?) : il faudra que je cherche des exemples en français sur le web. En japonais, ça arrive tout le temps : "travail" s'écrit "shi-koto" mais se prononce "shigoto", la rivière s'écrit "kawa" mais en deuxième position d'un nom composé se lit souvent "gawa", "école" s'écrit "gaku-kô" mais se prononce "gakkô", etc.

A partir des éléments de base, former une "lettre" coréenne (en fait une syllabe) consiste à caser dans un emplacement carré une consonne initiale (parfois absente), une ou deux voyelles, et une consonne finale éventuelle (voire deux, mais rarement). J'ai aussi vu des lettres ne comportant que des consonnes depuis, à élucider. On peut ensuite écrire son texte verticalement (de haut en bas) ou horizontalement (de gauche à droite). Il n'y a pas plus d'écriture cursive qu'en japonais.

Élémentaire :-)

Maintenant comme toujours dans ces cas-là, comment transcrire de manière bijective cet alphabet en caractères romains ? La tâche ne semble pas aussi compliquée qu'en chinois, avec leurs tons et leurs consonnes impossibles (avec un peu de chance je changerai de discours d'ici quelques semaines ;-)), pourtant un nouveau système est en usage depuis le début des années 2000. Je ne connais pas le détail, mais du coup on se retrouve avec la ville de Busan parfois écrite Pusan (idem avec les couples g/k et d/t).
A noter cependant que comme il peut y avoir des consonnes finales et initiales, pour garantir la surjection (en clair : retrouver l'écriture coréenne d'un mot à partir de sa version en caractères romains) il faudrait systématiquement séparer les syllabes par des traits d'union par exemple. Or ce n'est en général pas le cas.

En tous cas, comme l'alphabet romain ne fait pas de différence entre le "o" ouvert et le "o" fermé, ni entre "é" et "è" (on se limite en effet aux lettres non accentuées), la romanisation de l'alphabet coréen utilise des doubles voyelles : il ne faut donc pas les prononcer séparément ! L'exemple le plus frappant, que j'ai rencontré hier en discutant avec "mes" Coréennes, est la ville de Seoul (qu'avant j'aurais écrit "Séoul"). Le "eo" est en effet utilisé pour désigner le "o" ouvert ! Il faut donc prononcer "Seo-ul", avec "seo" comme dans "sort", le caractère "u" étant le "ou" français). Le "o" seul est le "o" fermé, le "e" est notre "é", "ae" notre "è". La combinaison "eu" est bien notre "eu".

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