Départ comme prévu pour Andong, après avoir abandonné l'appareil photo détraqué dans la poubelle, ainsi que l'épaisse documentation (en coréen) du nouveau. Normalement le bus part de l'"express bus terminal" juste à coté de la gare de Dongdaegu et donc de mon motel. En fait il y a plusieurs compagnies les unes à coté des autres, je rebondis de l'une à l'autre, et la quatrième est la bonne. Une demi-heure d'attente et une heure de route plus tard, j'arrive à la gare de bus de Andong. Je cherche en vain une guesthouse bon marché indiquée dans le guide, avant qu'on me fasse comprendre qu'elle a fermé depuis, donc je me rabats sur un motel.
J'y dépose mon sac et part à pied pour le "village" reconstitué où se trouvent de nombreuses maisons traditionnelles, la plupart déplacées et reconstruites ici pour éviter d'être englouties lors de la mise en eau du barrage. Je longe la voie ferrée au bord de laquelle se trouve une pagode de cinq étages en briques rougeâtres, datant de l'ère Shilla (donc pas toute jeune) mais bien conservée (ou rénovée). Une fois de plus je trouve que le Lonely a été un peu lyrique en la comparant à l'œuvre démesurée d'un excentrique à qui on aurait confié un jeu de légo géant. Derrière se trouve la maison d'un ancien notable, toujours habitée mais qu'on ne peut pas visiter. Le coteau étant abrupt, on peut cependant en avoir facilement une vue plongeante en grimpant quelques dizaines de mètres le long d'un chemin. L'autre avantage est d'échapper aux chahut d'un groupe d'enfants fraîchement débarqué par un minibus alors que, seul à l'origine dans ce coin un peu pommé, je m'étais posé devant la pagode pour déguster quelques gâteaux de riz en guise de déjeuner.La route longe ensuite la voie ferrée du coté d'un lac de rétention secondaire, le barrage principal étant un grand mur de pierre qu'on voit plus loin. Quelques restaurants et un ensemble de jets d'eaux rythmés, entre lesquels jouent enfants et parents en ce début d'après-midi très ensoleillé, annoncent la proximité du village, auquel on accède en traversant la retenue d'eau par le pont routier (un pont piéton existe mais est en travaux).
De l'autre coté, quelques inévitables boutiques crachent de la pop sur leurs clients, mais je brave quand même les vagues sonores pour me payer un Coca Zéro. Non pas que je sois fan de ce breuvage, encore moins que je veuille passer pour un américain, mais je me sens fatigué et je n'ai pas vraiment d'appétit depuis ce matin, donc je préfère prendre cette potion énergisante à titre préventif et pour profiter de l'effet caféine. J'entame ensuite la visite.
En fait de "village traditionnel", seuls les bâtiments le sont, pas les routes en béton ni les autres boutiques un peu plus haut. Le parc étant en accès libre, plutôt grand et en forte pente, pas mal de locaux utilisent la voiture pour s'y déplacer. Mais abstraction faite de l'environnement, les maisons elles-mêmes sont en très bon état, fournissent quelques explications en anglais et sont finalement très calmes car je ne vois pas grand monde en dehors des boutiques et de quelques endroits particulièrement photogéniques (dont le bassin aux fleurs de lotus).Je croise un couple de britanniques d'un certain âge. Lui a pas mal baroudé et me conseille l'Afrique Occidentale (en particulier le Mali), mais j'oublie de lui demander à quelle époque il y était. Il est lui aussi assez fana de culture japonaise et, alors que je lui dis que j'aime beaucoup les jardins japonais, il me montre une photo d'un jardin d'inspiration zen pour savoir si ça correspond à ce que j'ai en tête. Je lui dis que oui, même si je préfère les jardins les plus verts, avec rivières et mousse entre les arbres. En fait le jardin qu'il m'a montré est le sien, une "tentative" (à mes yeux réussie) de jardin japonais chez lui, en Angleterre (Birmingham) ! Ils font une étape en Corée avant d'aller voir une cousine en Australie (ou Nouvelle-Zélande ?), raison pour laquelle son épouse l'accompagne, car elle n'est pas habituellement une voyageuse et me dit ne pas vraiment apprécier la cuisine coréenne.
Nous nous saluons pour reprendre nos itinéraires respectifs, et je visite la partie la plus calme du parc, où un sentier m'emmène jusqu'à un ancien magasin de stockage souterrain, au frais, similaire à celui vu dans le parc de Gyeongju. Cela ressemble à un tumulus mais la chair qui y repose était (censée être) fraîche, et la butte est surmontée de cheminées de pierre assurant l'aération du caveau. Je reviens ensuite sur la partie centrale, et entame la montée vers le plateau en visitant et photographiant de manière assez exhaustive les maisons de différentes constructions, tailles et niveau social qui bordent la route.En haut, surprise, outre de nouvelles boutiques je tombe sur une autre partie du parc : un village ce coup-ci plus réaliste, car monté de toutes pièces pour y tourner des séries TV. On y trouve donc de tout : mur de forteresse avec portail fortifié, temple, palais royal avec prison, étable, jardins et autres dépendances. Cette partie-là n'est visiblement plus entretenue, mais derrière au moins trois nouveaux bâtiments sont en construction. Je visite donc encore un "temple" flambant neuf (mais pas encore peint), une spacieuse maison de notable (commerçant ou fermier aisé, je ne sais pas), et un village de maisons modestes.
Enfin, j'ai fait le tour ! Cela m'a pris facilement trois heures, perdu que j'étais dans une autre époque (malgré le regrettable manque de mobilier dans toutes ces habitations). Inutile de dire que l'intérêt éveillé par la visite m'a rapidement remis en forme :-)
Après une pause très appréciée par mes jambes, j'enchaîne sur le musée des coutumes locales, qui présente de très belles mises en scènes des métiers et grandes étapes de la vie traditionnelle, avec mannequins, costumes et tous accessoires. De plus les explications en anglais sont nombreuses et claires.J'en ressors pas loin de 18h, donc je me mets en quête du restaurant "Yangban Bapsang" où je commande le menu du même nom, littéralement "le banquet du noble". Effectivement j'ai droit à un festin avec un poisson grillé, un autre cuit en sauce avec des légumes épicés, une multitude d'à-cotés et même une fiole de vin de riz. J'ai des feuilles fraîches de salade verte et d'une plante indéterminée dans un panier, je les utilise faute d'une meilleure idée pour en faire des bouchées de poisson grillé avec la sauce aigre-douce fournie. Personne ne vient me contredire. Heureusement que toute cette marche m'avait pour le coup ouvert l'appétit ! Pour la peine je reviens au motel à pied, décevant (encore) un taxi qui klaxonne pour attirer mon attention avant que je ne puisse traverser la route pour marcher sur le trottoir du coté gauche.
Au motel j'ai la bonne surprise de trouver que j'ai effectivement internet dans la chambre (ce midi cela ne fonctionnait pas), ce qui fait que je me couche un peu tard... Par rapport au motel de Daegu par contre, le chauffage par le sol ("ondol") est moins poussé : en me levant ce matin je m'étais presque brûlé en posant les pieds au sol !
11/05/2008
Dimanche 11 - Maisons traditionnelles à Andong
par
Ghislain Cottat
à
00:00
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