Il fait froid au Zenkoji, sauf sous la couette bien entendu, mais la douche est chaude. Une fois levés on ne traîne donc pas à sortir, et on se rend au musée de l'histoire locale (Kyodokan) en espérant qu'il soit chauffé. Ce n'est pas le cas, et comme il faut se déchausser on passe une heure et demi à piétiner pour se dégourdir nos doigts de pied gelés. Mais l'exposition d'objets de la vie quotidienne (escouades de lutte contre le feu par exemple) et de l'artisanat de Takayama d'il y a 2-3 siècles (dont notoirement la production de sake suite à une autorisation du Shogunat d'accéder au marché d'Edo-Tokyo) est intéressante alors on prend notre mal en patience dans cette ancienne grande maison de marchands.
En sortant boisson chaude obligée, heureusement il y a au Japon en moyenne un distributeur pour 100 personnes (en ville 1 pour 30), des cigarettes et boissons chaudes ou froides aux bouquets de fleurs en passant par les vidéos érotiques. On croise même une machine automatique à recharger les piles d'appareil photo !
Le soleil pointant le bout de son nez, on se dirige vers un parc, en fait une colline boisée de chataîgniers, pins et d'une sorte de végétation basse pleine de feuilles allongées qui ne ressemble pas à grand chose de connu. On parcourt les chemins tortueux en direction d'un sanctuaire, et on aboutit sur un jardin d'enfants proposant à notre avis des jeux plutôt dangereux. On joue aux cons un moment (Rémi a des photos, il faudra que j'en mette une...) avant de repartir vers le sanctuaire.
Situé à flanc de colline, il est désert et d'une grande quiétude. Il s'en dégage l'ambiance méditative qu'on s'attend à trouver dans ce genre d'endroit, à comparer à la bruyante foule de pélerins dépensiers d'un Kiyomizudera (Cf. Kyoto).
Retour sur le centre ville où après un bref casse-croûte nous attaquons l'ancienne résidence du gouverneur du Shogunat. C'est en fait un véritable manoir un peu en marge du centre historique, une enfilade de pièces séparées par du papier de riz tirés sur des panneaux en bois, avec moultes salles d'accueil, de cérémonie du thé, d'étude, de travaux officiels plus les dépendances nécessaires à la logistique telles que cuisine, entrepôts et latrines d'époque ("out of service" indiquent les panneaux). Je suis aux anges, tatamis et poutres apparentes partout, style sobre et lumineux, jardin japonais, que j'aimerais vivre dans un tel cadre !
Enfin direction l'exposition des chars du célèbre festival local, en traversant à nouveau les quartiers préservés de la ville et ses ruelles fort belles mais fort encombrées de magasins de souvenirs et des chalands qui les font vivre). Les chars sont en excellent état malgré leurs trois siècles d'usage qui perdure à ce jour. Dans une autre salle une reconstitution du site de Nikkô flamboie sous l'éclairage simulant la rotation des jours et des nuits. C'est un des sites majeurs du Japon, et cela se comprend au vu des maquettes. Pourtant nous n'avons pas prévu d'y aller, dommage. Je pourrais peut-être y faire un tour avant d'embarquer pour la Chine.
Enfin pour résumer ce qui ne peut l'être, nous finissons la journée par un restaurant de "yakitori" (brochettes) spécialisé dans le poulet, où nous sommes seuls et nous enfilons la majeure partie de la carte. Je sirote pour ma part un saké local, froid ce coup-ci (j'avais essayé le chaud à Kyoto). Papa en avait ramené d'un voyage professionnel il y a quelques années et le seul moyen de la finir fut d'en servir à tous ceux qui ne connaissaient pas encore... Pourtant maintenant je trouve ça bon, même si effectivement le goût n'a rien à voir avec tout ce qu'on peut boire en France. Ce n'est ni fruité, ni amer, ni fort, ni doux... On dirait vraiment que les Japonais ont inventé une nouvelle dimension du goût, et il a dû me pousser les papilles correspondantes à force d'essayer tout ce qui me passe sous la main (eh oui j'aime même le nattô).
27/03/2008
Jeudi 27 - Takayama
par
Ghislain Cottat
à
01:46
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4 commentaires:
Moi qui croyait que tu connaissais l'umami !!
Et oui il n'y a pas que sucré, salé, acide ou amer :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Umami
(Vous avez pas retrouvé l'équivalent des glaires de Nara au fait ? :))
Merci pour l'info, voilà qui pourrait en effet contribuer à une description plus exacte des plats japonais :-)
Pas d'équivalent des glaires, non!
Je te passe aussi le bonjour de rp et krys par avance ;-)
"On aboutit sur un jardin d'enfants proposant à notre avis des jeux plutôt dangereux. On joue aux cons un moment (Rémi a des photos)"
Eh hop : http://peyronnet.dyndns.org/gallery/2008-JaponTaka/P1180328
:-)
Merci Rémi :-)
Zut, on voit même le coup de soleil sur le dessus du crâne...
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