Nous partons de Takayama en train et traversons des vallées encadrées de massifs enneigés. Après un changement à Tôyama, nous parvenons à Kanazawa, ville de 500000 habitants, chef-lieu de la préfecture d'Ishikawa. Du fait de trois siècles de bonnes productions agricoles, le seigneur local était très puissant, ce qui lui permit d'être un grand mécène. La ville fut donc pendant l'ère Tokugawa un haut lieu de l'artisanat.
Pour la première fois du voyage, nous logeons dans une chambre occidentale, dans un "business hotel", et dormons donc dans un vrai lit. Il pleut assez copieusement, mais nous avons demandé par hasard au centre d'information touristique s'il y avait du Nô (ou Nôgaku) en ville en ce moment, et comme par chance c'est le cas, nous nous dirigeons d'un bon pas vers le théâtre de la ville. Il y a en effet une répétition générale d'un spectacle prochain, et c'est donc gratuit. Nous arrivons finalement un peu tard pour le Nô en tant que tel, nous dit-on, mais nous assistons à une bonne heure de répétitions de danses et de chants, peut-être des interludes entre les différents actes ?
Nous restons en tous cas jusqu'au bout, même s'il faut bien dire que le style, que nous connaissions déjà grossièrement pour avoir assisté à 4h de kabuki il y a quatre ans, est très austère à l'aune de nos standards occidentaux. Une flûtiste, un tambour "normal" et un second dont le son fait plus penser à deux morceaux de bois qui s'entrechoquent, accompagnent des "chanteurs" (qui poussent en fait simplement des petits cris pour rythmer) et une chanteuse qui danse également avec une lenteur mesurée.
Pour faire bonne mesure nous enchaînons la représentation avec le musée du Nô, où une vidéo et des explications compensent ce que nous avons raté. De somptueux kimonos sont exposés, ainsi que des masques et quelques autres (rares) accessoires. Comme vous pourrez le lire sur l'article wikipedia, le Nô est extrêmement codifié. Les kimonos, masques et autres accessoires caractérisent le personnage incarné, et la scène elle-même où se déroulent les pièces est la même partout, avec ses quatre piliers et sa peinture représentant un pin d'un grand âge à l'arrière !
Heureusement les grands théâtres proposent des livrets en anglais permettant d'abaisser un peu ces barrières à la compréhension pour les occidentaux curieux.
La soirée approchant, nous nous mettant en recherche d'un restaurant, car le guide de voyage nous prévient qu'ils ferment vers 19-20h ! Nous en trouvons finalement un ouvert et vide, mais il attend 12 personnes et nous redirige sur notre demande vers un autre restaurant similaire pas très loin. Nous mangeons accroupis des spécialités de fruits de mer hautes en goût et en couleurs, présentées sur un grand bol de riz ("donburi"). Mon plat contient pas moins de 14 espèces différentes de poissons ou fruits de mer.
Comme Kanazawa produit 98% de toute la feuille d'or utilisée au Japon, nous avons même droit à un ou deux centimètres carrés de feuille d'or dans nos plat et au fond du thé ! Sachant que la feuille fait de 0.1 à 0.4 microns, cela ne fait pas une fortune évidemment...
Nous prenons à nouveau un dessert dans le "combini" du coin (convenience store, petit magasin vendant un peu de tout), et je prend ainsi pour dessert trois boules de pâte de riz de couleur différentes, fourrées à la pâte de haricot rouge (donc sucrée). La verte sent clairement le thé vert, pour les autres difficile à dire.
30/03/2008
Dimanche 30 - Kanazawa
par
Ghislain Cottat
à
12:35
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